Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : Quatre personnes renvoyées aux assises pour l'assassinat du père Hamel

PROCES Le 26 juillet 2016, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, 19 ans, tous deux fichés S, ont assassiné le père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray

20 Minutes avec AFP

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Le portrait du père Jacques Hamel restera bien en évidence dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray où il a trouvé la mort le 26 juillet 2016.
Le portrait du père Jacques Hamel restera bien en évidence dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray où il a trouvé la mort le 26 juillet 2016. — F. Pouliquen / 20minutes

Quatre personnes sont renvoyées devant la cour d’assises spéciale pour l’assassinat en 2016 du père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, a annoncé une source proche du dossier, ce vendredi.

Les juges d’instruction en charge du dossier ont renvoyé deux de ces personnes pour « complicité d’assassinat » terroriste, selon l’ordonnance de mise en accusation.

Il pensait « être une colonie de vacances pour apprendre la religion »

La première personne est le propagandiste et instigateur probable de l’attentat Rachid Kassim. Visé par un mandat d’arrêt pour « complicité », ce djihadiste, également accusé d’avoir téléguidé l’attentat de Magnanville et plusieurs projets d’attaques en France, aurait été tué en 2017 dans la zone irako-syrienne. L’autre personne est Yassine S., âgé de 26 ans. Interpellé quelques jours après l’attaque, il avait rejoint les deux djihadistes à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) deux jours avant l’attaque.

Il a déclaré au magistrat instructeur avoir fait ce périple de 1.000 km pensant « être entre jeunes, comme une colonie de vacances pour apprendre la religion », et les avait finalement quittés 24 heures avant l’attaque, imputant ce départ aux remarques des futurs assaillants sur sa pratique « laxiste » de l’islam. Le parquet antiterroriste avait requis à son égard des charges moins lourdes, mais les juges d’instruction ont décidé de le renvoyer pour « complicité », car ils estiment qu’il a « encouragé et facilité » le passage à l’acte des deux assaillants, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, qui ont été abattus par la police à la sortie de l’église.

Les deux assaillants abattus par la police

L’assassinat à Saint-Etienne-du-Rouvray de ce prêtre, cible hautement symbolique, avait eu un retentissement international, douze jours après l’attentat terroriste de Nice. Devant trois religieuses et un couple de paroissiens, le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, venait d’achever sa messe matinale le 26 juillet 2016 de ces mots habituels : « Allez, passez une bonne journée. » Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, 19 ans, tous deux fichés S et qui se sont réclamé de l’organisation Etat islamique, entrent alors par la sacristie, le premier faisant s’agenouiller le prêtre.

Kermiche lui porte deux coups de couteau à la gorge pendant qu’un paroissien de 86 ans est obligé de filmer l’assassinat avec un téléphone avant d’être poignardé à son tour. Blessé à la gorge, au bras et dans le dos, il a toutefois survécu. A leur sortie de l’église, les deux assaillants sont abattus par la police dans cette petite ville de la banlieue industrielle de Rouen. Quelques heures après, le président François Hollande évoque un « ignoble attentat terroriste ». La mémoire de cet attentat a été ravivée fin octobre par l’attaque dans une basilique de Nice qui a fait trois morts.