Nice : Condamnée à valider l’ouverture de la mosquée En-Nour, la ville indique qu’elle « refusera toujours » de le faire

CULTE La municipalité continue à dénoncer « le manque de transparence des fonds de cette salle de culte » et « le fait que ce lieu revenait à un propriétaire saoudien »

Fabien Binacchi

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La mosquée En Nour, le 25 avril 2016 à Nice
La mosquée En Nour, le 25 avril 2016 à Nice — VALERY HACHE AFP
  • Christian Estrosi a multiplié les recours contre une mosquée installée à l’ouest de Nice, à cause, dit-il, du « manque de transparence des fonds de cette salle de culte ».
  • La cour d’appel administrative d’appel a donné trois mois à la mairie de Nice pour valider l’arrêté d’ouverture définitive de cette mosquée.

Pour le maire de Nice, il n’est toujours pas question de reconnaître la mosquée En-Nour. Une nouvelle décision de justice l’enjoint pourtant à valider l’arrêté d’ouverture définitive du lieu de culte musulman qui accueille ses fidèles grâce à une décision préfectorale depuis le 4 juin 2016 sur l’avenue Pontremoli, à l’ouest de la ville.

La cour d’appel administrative d’appel lui a donné en effet trois mois pour s’exécuter. Mais du côté de la municipalité, c’est un niet ferme et définitif. « La ville de Nice refusera toujours de signer », indique la collectivité dénonçant, une nouvelle fois, « le manque de transparence des fonds de cette salle de culte » et « le fait que ce lieu revenait à un propriétaire saoudien ». Christian Estrosi a jusque-là multiplié les recours, sans succès.

« Le préfet se substituera »

« Cette nouvelle décision permet à l’institut En-Nour d’obtenir cet arrêté, un acquis que le maire nous refuse. S’il ne le fait toujours pas, nous avons des voies de recours, explique Me Ouassini Mebarek, l’avocat de l’association gérant la mosquée. Le préfet pourra de toute façon à nouveau se substituer à la ville pour le signer. »

« Seul l’Etat est responsable et comptable de cette ouverture », tranche d’ailleurs la municipalité niçoise, « espérant que la loi sur le séparatisme viendra modifier les choses afin de donner aux maires le pouvoir de décider la fermeture des lieux de culte dont les financements restent opaques ».

Christian Estrosi avait déposé un signalement à ce sujet concernant la mosquée En-Nour et une enquête avait bien été ouverte. Mais « elle a été classée sans suite et cela a été encore confirmé en appel », rappelle Me Ouassini Mebarek.