Michel Fourniret : Un corps exhumé dans l’Yonne pour vérifier s’il s’agit d’une des victimes du tueur en série

ENQUÊTE Le corps d’une jeune femme enterrée sous X en 1997 à Mont-Saint-Sulpice dans l’Yonne a été exhumé pour faire des vérifications ADN avec les victimes de Michel Fourniret

Vincent Vantighem

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Michel Fourniret photographié lors d'une reconstitution judiciaire, le 19 septembre 2019.
Michel Fourniret photographié lors d'une reconstitution judiciaire, le 19 septembre 2019. — SIPA
  • La justice a ordonné l’exhumation du corps d’une jeune femme retrouvée morte en 1997 et sur laquelle personne n’a jamais su mettre un nom.
  • Il pourrait s’agit de l’une des victimes du tueur en série Michel Fourniret.
  • Alors qu’il vieillit et souffre de plusieurs pathologies, les enquêteurs sont persuadés que l’ogre des Ardennes a fait plus de victimes qu’il ne le dit jusqu’à présent.

Cela remonte à 1997. Mais Patrick Oudin s’en souvient encore assez bien. « J’ai vu un membre qui dépassait sous des herbes et des branchages. J’ai pris une fourche et en soulevant, j’ai vu que c’était un cadavre… », raconte-t-il. Un corps en état de décomposition sur lequel personne n’a jamais pu mettre un nom. Enterré sous X à l’époque au cimetière de Mont-Saint-Sulpice (Yonne), le corps de cette jeune femme a été exhumé, mardi, sur décision de la juge Sabine Khéris car il pourrait s’agir d’une des victimes de Michel Fourniret, a appris 20 Minutes, confirmant une information de L’Yonne Républicaine.

« Il s’agit d’une vérification, indique une source proche du dossier. Cette exhumation avait été demandée afin de permettre une comparaison ADN. » A la faveur de nouvelles expertises, les enquêteurs sont en effet parvenus à isoler récemment 13 ADN sur un matelas ayant appartenu à Michel Fourniret et découvert dans l’ancienne maison de sa sœur à Ville-sur-Lumes (Ardennes). Dans la liste figurent l’empreinte génétique d’Estelle Mouzin mais aussi de nombreuses traces inconnues pour le moment qui doivent être comparées à des victimes potentielles ou à leurs parents encore en vie aujourd’hui.

Monique Olivier parle d’une victime en 1997

L’exhumation du cimetière de Mont-Saint-Sulpice ne doit rien au hasard. A la fin des années 1980, après un premier séjour en prison pour une série d’agressions sexuelles, « l’ogre des Ardennes » a vécu dans l’Yonne quelque temps. A Saint-Cyr-les-Colons, une bourgade située à 30 kilomètres environ au sud de Mont-Saint-Sulpice, où les enquêteurs ont d’ailleurs déjà effectué des recherches.

Jusqu’à présent, le tueur en série n’a été mis en cause que pour des meurtres et assassinats perpétrés avant 1990 ou après 2000. Mais les enquêteurs ont de moins en moins de doute sur le fait qu’il a également fait des victimes dans ce qu’ils appellent la « période blanche » couvrant une dizaine d’années. C’est pour cela que le corps a donc été sorti de terre. « D’autant que Monique Olivier [ex-épouse de Michel Fourniret] parle d’au moins une victime en 1997… », indique notre source.

Des nouvelles recherches pour Estelle Mouzin le 7 décembre

Aujourd’hui âgé de 78 ans, Michel Fourniret souffre de problèmes cardiaques et de troubles neurologiques. Après un malaise dans sa cellule vendredi dernier, il a été transporté à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Placé en réanimation, il est toutefois conscient, parle et n’est pas en « urgence vitale », selon nos informations.

Après deux séries de fouilles en juin puis en octobre, les enquêteurs doivent retourner dans les Ardennes le 7 décembre prochain dans le but de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin que Michel Fourniret a reconnu avoir enlevée. En parallèle, les gendarmes ont lancé, début octobre, un nouvel appel à témoin afin de retrouver d’éventuelles autres victimes du tueur arrêté en 2003.