Seine-Maritime : Une femme jugée pour le meurtre de son conjoint

PROCES Une mère de trois enfants est accusée d’avoir tiré sur son conjoint, présumé violent, avec un fusil de chasse, à leur domicile de Montreuil-en-Caux en 2016

20 Minutes avec AFP

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Aux assises de l'Hérault (illustration)
Aux assises de l'Hérault (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse

Accusée du meurtre en 2016 de son conjoint présumé violent, une femme de 42 ans comparaît, à partir de ce mardi, devant les assises de Seine-Maritime, selon une avocate.

Cette mère de trois enfants est accusée d’avoir tiré sur son conjoint de 36 ans avec un fusil de chasse à leur domicile de Montreuil-en-Caux, le 16 octobre 2016.

La femme assure n’avoir « jamais voulu tuer son compagnon »

« Il n’y a aucune intention homicide. Alexandra a toujours indiqué qu’elle n’avait jamais, jamais, voulu tuer son compagnon », a déclaré avant le début du procès Nathalie Tomasini, avocate de l’accusée. La défense entend demander une requalification des faits. Les faits se sont déroulés dans un « contexte de violences conjugales avéré avec un dépôt de plainte et des témoignages qui corroborent le fait que Alexandra était victime de violences », a ajouté Me Tomasini, qui a été l’avocate de Jacqueline Sauvage, condamnée pour avoir tué son mari avant d’être graciée fin 2016 par François Hollande.

Selon Rose-Marie Capitaine, qui défend les parents de la victime, parties civiles, « il y avait eu une plainte en janvier 2016 qui a ensuite été retirée par l’accusée » et selon elle la victime est « véritablement diabolisée » par la défense. Selon Me Tomasini, l’accusée a pris un fusil pour se protéger de son conjoint, « alcoolisé » après « cinq whiskys cocas », qui venait de se lever de son canapé en la menaçant de lui « défoncer la gueule ». « L’accusée charge l’arme » mais assure que c’était pour éviter que son conjoint ne lui arrache des mains, poursuit l’avocate de la défense.

Cinq enfants présents au moment des faits

Le coup est parti alors que l’accusée et la victime, qui pratiquaient tous les deux la chasse et le ball trap, étaient seules dans la pièce, selon Me Capitaine. La jeune femme était venue le prévenir de l’arrivée de son ex-compagne qui souhaitait évoquer les vacances de leurs enfants, selon Me Tomasini. Cinq enfants alors âgés de 14 ans à 17 mois étaient dans la maison au moment du tir, selon Me Capitaine.

Le plus jeune était le fruit de l’union du couple qui s’était formé environ deux ans auparavant. L’accusée, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, et la victime avaient par ailleurs chacun deux enfants d’une première union. Le procès doit durer trois jours et demi. Un collègue de l’accusée a lancé une pétition sur Internet intitulée « Pas de prison pour Alexandra Richard » et qui affichait ce mardi plus de 37.000 signatures.