Meurtre d’Alexia Daval : Jonathann Daval présente ses « excuses », la mère d’Alexia réclame la « vérité »

PROCES Devant les assises de la Haute-Saône, Jonathann Daval a une nouvelle fois décrit la nuit du 27 au 28 octobre 2017 où il a tué son épouse, avant de s'évanouir

20 Minutes avec AFP

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Isabelle Fouillot à la barre, la mère d'Alexia Daval, face à Jonathann Daval lors de son procès, le 18 novembre 2020.
Isabelle Fouillot à la barre, la mère d'Alexia Daval, face à Jonathann Daval lors de son procès, le 18 novembre 2020. — AFP

Jonathann Daval, jugé devant la Cour d’assises de la Haute-Saône pour le meurtre de sa femme Alexia en 2017, a présenté ce mercredi ses « excuses », avant de s’évanouir, suspendant l’audience. Egalement appelée à la barre, la mère de la victime a appelé l’accusé à être « un homme » et à dire « la vérité ».

« C’est peut-être pas adapté, mais je voudrais d’abord avoir des excuses, même si c’est pas excusable ce que j’ai fait », a déclaré Jonathann Daval, 36 ans, la voix étranglée par l’émotion. « Je leur ai enlevé leur fille, je leur ai menti », a-t-il ajouté à l’adresse des parents d’Alexia.

« J’ai menti à la France »

Ses excuses englobent également « l’histoire du complot qui a détruit votre vie et la vie de ma famille à qui j’ai menti aussi », « les gendarmes aussi, à qui j’ai menti, qui ont dû refaire des recherches supplémentaires ». « J’ai menti à la France aussi », a dit le trentenaire dont le visage de veuf éploré s’était affiché pendant trois mois dans les médias, avant son interpellation en janvier 2018.

« C’est pas pardonnable ce que j’ai fait, mais voilà, je suis quand même en train de le dire », a-t-il ajouté, avant de décrire la nuit du 27 au 28 octobre 2017 où il a tué son épouse, sur fond de tensions très fortes au sein du couple. Il a maintenu la version livrée en fin d’instruction : « Elle me demande un rapport (sexuel) que je refuse. Ensuite il y a des réflexions sur moi, sur mon comportement, je ne suis pas là pour elle… »

« Moi ce que je fais d’habitude… fuir le conflit, partir de la maison… Là une dispute a commencé et qui se termine dans les escaliers, où je l’ai frappée, étranglée », a poursuivi l’accusé. Ensuite, il dit avoir mis le corps de sa femme dans son véhicule professionnel puis avoir pris la route le matin suivant « pour l’emmener dans un bois, mettre le feu au corps », puis se « faire un alibi ». L’accusé s’est ensuite évanoui en pleine audience, avant d’être conduit aux urgences.

« Aussi gentil que diablotin »

Le témoignage de Jonathann Daval a succédé à celui de la mère de la victime, qui a dit vouloir « défendre la mémoire de sa fille ». « Je suis là pour Alexia, pour défendre sa mémoire. Elle nous manque tous les jours », a-t-elle déclaré à la barre, la voix brisée par l’émotion. Les avocats de la défense ont essayé d’instiller l’idée que « c’était la faute d’Alexia », mais « ils ne connaissaient pas Alexia, [qui] était tout sauf écrasante », a poursuivi Isabelle Fouillot.

Celle-ci a lu une carte écrite par sa fille à Jonathann Daval, dans laquelle elle parle de l’accusé comme d’un « être atypique, aussi gentil que diablotin », le faisant fondre en larmes dans son box. « Tu représentes mon ami, mon amant, mon confident (…) Tu m’es indispensable pour faire tourner ma terre », écrivait la jeune femme.

La mère d’Alexia s’est alors adressée à Jonathann : « Tu as tout détruit, voilà où mène le mensonge ». « Toi seul peux nous la dire [la vérité] », a-t-elle poursuivi, même si après tous les revirements de l’accusé durant l’instruction, elle a « peur » que « chaque mot qui sortira de sa bouche (…) soit un mensonge ». « J’aimerais que, pour une fois, tu sois un homme dans ta vie et que tu prennes tes responsabilités », a encore martelé la mère d’Alexia.

« L’enfant c’est toi »

Evoquant la possibilité d’un divorce ou d’une séparation possiblement demandée par Alexia, Isabelle Fouillot a enchaîné : « Je pense que tu ne voulais pas. Car tu nous perdais nous, tout l’amour qu’on t’avait apporté ». Et d’asséner à propos du désir d’enfant contrarié d’Alexia : « Tu ne voulais pas d’enfant, parce que l’enfant c’est toi ». Me Ornella Spatafora, l’une des avocates de l’accusé voit « un couple où ni l’un ni l’autre n’admet que la relation est vouée à l’échec ».

Un échange houleux entre Me Schwerdorffer, autre avocat de l’accusé, et Stéphanie Gay a aussi porté sur l’inimitié entre les familles d’Alexia et celle de Jonathann. Dans la matinée, le père d’Alexia avait réclamé « la peine maximale » à l’encontre de Jonathann Daval jugé pour « meurtre sur conjoint » et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.