Meurtre d’Alexia Daval : A l’ouverture de son procès, Jonathann Daval réaffirme avoir tué seul sa femme

FEMINICIDE Jonathann Daval avait multiplié les versions sur la mort de sa femme Alexia

J.-L.D. avec AFP

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Meurtre d’Alexia Daval : Retour sur l'enquête — 20 Minutes

« Oui » : après avoir multiplié les versions et les mensonges durant l’enquête, Jonathann Daval a maintenu ce lundi être l’unique auteur du meurtre en 2017 de sa femme Alexia, au premier jour de son procès devant les assises de la Haute-Saône. Invité en fin de matinée par le président de la Cour d’assises Matthieu Husson à dire si, trois ans après les faits, il maintenait toujours ses déclarations, à savoir qu’il était « le seul impliqué dans la mort de (son) épouse », cet informaticien de 36 ans, les yeux rougis et au bord des larmes, a sobrement répondu « oui ».

Jetant quelques regards à sa famille et aux proches d’Alexia, le trentenaire, jugé pour « meurtre sur conjoint » et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, est arrivé peu après 9 heures dans le box des accusés. Le verdict doit être prononcé vendredi. « Vous ne devez pas être jugé différemment parce que cette affaire a connu un retentissement particulier. Je vous dois l’impartialité », a assuré le président Husson.

L’affaire, survenue à l’automne 2017, avait profondément marqué les esprits alors que l’ampleur des violences faites aux femmes éclatait au grand jour avec la vague #MeToo. Le 30 octobre, le corps en partie calciné d’Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, était retrouvé dissimulé sous des branchages, dans un bois situé à quelques kilomètres du domicile des Daval à Gray-la-Ville (Haute-Saône).

Des versions différentes au fil des mois

C’est son mari, Jonathann, qui avait signalé deux jours plus tôt la disparition de son épouse lors d’un jogging. Les jours suivants, le visage baigné de larmes du trentenaire s’affichait dans les médias. Mais en janvier 2018, le veuf éploré, placé en garde à vue, craque et avoue le meurtre de sa femme, survenu selon lui lors d’une violente dispute.

S’en suivront deux années d’instruction durant lesquelles Jonathann livrera plusieurs versions, se rétractant, puis accusant son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d’une audition bouleversante devant le juge d’instruction. En juin 2019, il avouera enfin lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille d’Alexia.

Un acte prémédité ?

La famille d’Alexia attend de ce procès « une peine juste, c’est-à-dire une peine qui soit comprise par eux, qui tiendra compte de leur peine mais également des mensonges récurrents de Jonathann Daval tout au long de ces trois dernières années », a souligné Me Portejoie lundi matin dans une interview à BFMTV.

Mais en attendant, l’avocat attend des débats qu’ils lèvent les « nombreuses zones d’ombre de ce dossier », évoquant « l’éventuelle préméditation » mais aussi une « éventuelle complicité », écartée par l’instruction et par l’accusé lui-même comme il l’a réaffirmé à l’audience.

« On ne peut plus rien dire »

Le soir du meurtre, Jonathann dit avoir refusé un rapport sexuel à sa femme qui, en retour, se serait montrée violente, lui reprochant de « ne pas être un homme ». Alexia, « violente en paroles et en actes », « l’humiliait », a soutenu au cours de l’instruction l’accusé, qui dit l’avoir « étranglée » et « frappée pour qu’elle se taise », mais sans vouloir la tuer. Cette image d’une Alexia dominatrice révulse les parents de la victime. « Je ne veux pas que ce soit le procès d’Alexia, ça on ne le supportera pas », a prévenu la mère.

L’enjeu, c’est « d’arriver à comprendre ce qui s’est vraiment passé, dans un climat délétère où on ne peut plus rien dire », avait souligné pour sa part l’un des avocats de Jonathann, Me Randall Schwerdorffer, promettant durant ce procès « un moment de vérité ».