Marseille : Trois hommes renvoyés en correctionnelle pour une tentative d'extorsion contre Jean-Pierre Bernès

FOOTBALL Un administrateur judiciaire et deux hommes proches du banditisme marseillais sont accusés de tentative d’extorsion contre l’ancien directeur de l’OM Jean-Pierre Bernès

20 Minutes avec AFP

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Jean-Pierre Bernès, ici à droite, lors d'un match au Vélodrome en 2016
Jean-Pierre Bernès, ici à droite, lors d'un match au Vélodrome en 2016 — FRANCK FIFE / AFP
  • Dans une ordonnance du 3 novembre, le juge d’instruction renvoie un administrateur judiciaire et deux proches du banditisme marseillais devant le tribunal correctionnel.
  • Ces trois hommes sont accusés de tentative d’extorsion contre Jean-Pierre Bernès, l’ancien directeur de l’OM devenu agent.

Dans une ordonnance datée du 3 novembre, Me Michel Gillibert, un ancien administrateur judiciaire marseillais ​missionné par le tribunal de commerce, Simon Fedon et Richard Laaban, deux hommes affiliés au banditisme local, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Marseille pour une tentative d’extorsion en 2015 sur Jean-Pierre Bernès, ancien directeur de l’Olympique de Marseille devenu agent de joueurs.

Dans son ordonnance, le juge d’instruction estime que Me Michel Gillibert devait récupérer auprès de Jean-Pierre Bernès une somme d’environ 11 millions d’euros. Soit le montant des dommages et intérêts auquel la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’avait condamné en 1998 à l’issue d’un procès pour des détournements de fonds au préjudice de l’OM, aux côtés du président du club de l’époque Bernard Tapie.

Des « méthodes crapuleuses »

Avant Me Gillibert, d’autres administrateurs judiciaires avaient, en vain, tenté de passer une transaction avec Jean-Pierre Bernès, ce dernier ayant toujours considéré cette condamnation comme injuste. Après une nouvelle période de négociations qui n’avait pas débouché, Me Gillibert avait sollicité l’un de ses amis, Simon Fedon, 70 ans, pour contraindre Jean-Pierre Bernès à accepter de transiger à hauteur de deux millions d’euros. Recruté pour « faire impression » sur Jean-Pierre Bernès, Richard Laaban, 75 ans, avait pris part à cette négociation parallèle à la voie judiciaire officielle.

Les conversations téléphoniques enregistrées par les enquêteurs et la sonorisation de deux repas partagés entre Simon Fedon et Jean-Pierre Bernès ont conduit le juge d’instruction à conclure à des « méthodes crapuleuses », justifiant une mise en examen des trois acteurs de ce dossier pour association de malfaiteurs.

« Si je rentre dans ce système, c’est du racket »

C’est lors de ces enregistrements que Simon Fedon évoque un bakchich d’un million d’euros à partager, la plus grande part devant, selon lui, revenir à l’administrateur judiciaire. « Si je rentre dans ce système, c’est du racket… le problème c’est le liquidateur il est avec eux, quoi !! C’est un voyou, c’est un truc de fou… moi j’ai peur de ces gens-là », s’était confié auprès de son épouse, Jean-Pierre Bernès en refusant le marché.

Placé en détention provisoire durant quatre mois Me Gillibert a toujours contesté l’existence d’un bakchich. Il justifiait le recours à des personnes que le juge d’instruction dit « affiliées au grand banditisme marseillais », par sa volonté de « redorer son blason » auprès du tribunal de commerce car, en vingt ans, aucun de ses prédécesseurs n’était parvenu à faire payer Jean-Pierre Bernès.

En 2018, Jean-Pierre Bernès et le nouvel administrateur ad hoc ayant pris la succession de Me Gillibert signaient une transaction à hauteur de près de 2,4 millions d’euros pour apurer cette dette vieille de vingt ans.