Affaire Boulin : Un nouveau rapport ne conclut pas de « manière formelle » à la mort par noyade

ENQUETE Un nouveau collège d’experts mandaté pour déterminer les causes de la mort de Robert Boulin, juge les constatations initiales insuffisantes pour conclure « de manière formelle » à une mort par noyade de l’ancien ministre

20 Minutes avec AFP

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Rambouillet, le 28 Octobre 2019. Des proches de Robert Boulin ont organisé une «reconstitution citoyenne» de la découverte de son corps, en 1979.
Rambouillet, le 28 Octobre 2019. Des proches de Robert Boulin ont organisé une «reconstitution citoyenne» de la découverte de son corps, en 1979. — V.VANTIGHEM

« Un tournant majeur dans le combat pour la recherche de la vérité ». Dans un communiqué transmis à l’AFP, Fabienne Boulin et son avocate Marie Dosé ont confirmé de nouvelles conclusions, dans l’affaire Boulin, révélées ce dimanche par Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Un nouveau collège d’experts mandaté pour déterminer les causes de la mort de Robert Boulin, ancien ministre du Travail et maire de Libourne (Gironde) juge effectivement les constatations initiales insuffisantes pour conclure « de manière formelle » à une mort par noyade, a-t-on appris dimanche auprès de la famille de l’ex-ministre retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet en 1979.

Le rapport conclut que Robert Boulin « a été victime de violences volontaires »

La fille de l’ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d’Estaing « prend acte qu’il est enfin établi judiciairement que les anciens magistrats saisis de ce dossier qui ont conclu au suicide de son père par noyade ont motivé leur ordonnance de non-lieu sur des conclusions d’expertise erronées », peut-on lire.

« Elle prend également acte qu’aucun élément tangible ne peut désormais être avancé pour assurer que Robert Boulin se serait suicidé par noyade », ajoutent les deux femmes. Cette nouvelle expertise démontre également que Robert Boulin « a été victime de violences volontaires ayant provoqué une fracture du nez récente et concomitante au décès ».

Nouvelle information judiciaire pour « enlèvement » et « assassinat » en 2015

Le 30 octobre 1979, l’ancien ministre était retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines), à l’âge de 59 ans. Sa mort avait initialement été classée comme un suicide par noyade, après ingestion de barbituriques. Doutant de cette version, sa famille a porté plainte en 1983 : l’enquête, ouverte pour meurtre, s’est soldée par un non-lieu en 1991. Sa fille a demandé, en 2002 et 2010, la réouverture du dossier, sans succès jusqu’en 2015, où une nouvelle information judiciaire a été ouverte contre X pour « enlèvement » et « assassinat ».

Dans son rapport dont des extraits sont cités dans le communiqué de Fabienne Boulin et Marie Dosé, le nouveau collège d’experts estime que « les constatations décrites » à l’époque « ne sont pas suffisantes à une conclusion formelle » de mort par noyade « en l’absence de données anatomopathologiques et biologiques ».

Existence incontestable d’une fracture

Concernant les coups portés à l’ancien ministre qui avaient été révélés par la seconde autopsie, « le nouveau rapport d’expertise acte enfin l’existence désormais incontestable d’une fracture de la portion nasale du maxillaire supérieur gauche », notent la fille de Robert Boulin et l’avocate.

Cette fracture, dont les experts précisent qu’elle n’a pas pu provoquer à elle seule la mort de Robert Boulin, « a été provoquée par "un choc direct" secondaire "soit à une chute, soit à un heurt par objet contondant" », ajoutent-elles.