Rennes : Le prévenu est décédé, le procès pour escroquerie est annulé

DISPARITION Un homme devait comparaître pour avoir dérobé de l’argent à des personnes fragiles en leur promettant des rendements faramineux

Camille Allain

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Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration).
Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration). — Camille Allain / 20 Minutes
  • Le procès de Jean-Yves Le Guyader, soupçonné d'escroquerie sur au moins 250 personnes pour un montant de 1,5 million d'euros, ne pourra pas se tenir.
  • Le prévenu est décédé le 31 octobre, sans que les circonstances de la mort de ce professeur de musique âgé de 53 ans ne soient précisées.
  • Se présentant comme courtier pour une mystérieuse société de placement, l’homme avait promis des rendements fous allant de 600 à 1.000 % à des personnes fragiles entre 2017 et 2019.

L’audience ne devrait pas durer longtemps. Prévu les 18 et 19 novembre devant la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes, le procès de Jean-Yves Le Guyader ne pourra pas se tenir. Soupçonné d’avoir escroqué au moins sept personnes, le prévenu est décédé le 31 octobre. Les circonstances de la mort de ce professeur de musique âgé de 53 ans qui résidait dans les Côtes d’Armor n’ont pas été précisées. Mais l’action publique s’éteint.

Le prévenu avait déjà été condamné en 2007 à douze ans de prison par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour avoir orchestré l’enlèvement et la séquestration d’une famille d’un employé de banque. Victime d’une escroquerie africaine, Jean-Yves Le Guyader avait organisé un commando en 2005 dans l’espoir de récupérer 30 millions d’euros. Il ne les aura jamais.

« Des gens qui ont perdu beaucoup d’argent »

A sa libération, l’homme avait visiblement retenté d’escroquer des gens. Se présentant comme courtier pour une mystérieuse société de placement, l’homme a promis des rendements fous allant de 600 à 1.000 % à des personnes fragiles entre 2017 et 2019.

A l’ouverture de l’enquête l’an dernier, plus de 200 victimes avaient été identifiées par les gendarmes. « La mort de cet homme est un drame pour lui et sa famille. Mais ça l’est aussi pour mes clients car l’action publique est éteinte. Ce sont déjà des gens qui ont perdu beaucoup d’argent », explique l’avocat Maxime Tessier, qui défend quatre victimes spoliées de 40.000 euros à elles quatre. Le montant global de l'arnaque se chiffrerait à 1,5 million d'euros. 

« Fragilisées par la vie », ces personnes s’étaient fait abuser par cet homme qu’elles appelaient toutes « Jean-Yves » et en qui elles avaient toute confiance. L’ancien professeur de musique est mort à quinze jours d’un procès qui n’aura finalement pas lieu. Et emmène ses vérités auxquelles les victimes n’auront jamais accès.

Ces dernières ont la possibilité de poursuivre l’action au civil afin de tenter d’obtenir une réparation financière. On ignore pour l’heure si elles le feront.