Ile-Saint-Denis : Un policier renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des injures racistes

PROCES Les propos de ce policier, filmé par le journaliste Taha Bouhafs, ont suscité l'indignation jusqu'au sommet de la hiérarchie policière

C.Po.
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Tribunal de grande instance de Bobigny. (Illustration)
Tribunal de grande instance de Bobigny. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Un policier accusé d'avoir tenu des propos racistes est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « injure à caractère racial par personne dépositaire de l’autorité publique ».
  • L’audience se tiendra début mars.
  • Le fonctionnaire n’est, en revanche, pas poursuivi pour « violences », le parquet ayant estimé que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés.

Ses propos avaient provoqué un tollé jusqu’au sommet de la hiérarchie policière. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, avait lui-même évoqué une « indignation légitime ». Ce mercredi, un policier soupçonné d’avoir tenu des propos racistes lors d’une intervention, en avril dernier, sur l’Ile-Saint-Denis est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « injure à caractère racial par personne dépositaire de l’autorité publique », a appris 20 Minutes auprès du parquet de Bobigny, confirmant une information du journaliste Taha Bouhafs, qui avait révélé les faits. L’audience se tiendra début mars.

Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 avril. Vers 1 h 30 du matin, des policiers tentent d’interpeller un homme soupçonné d’avoir participé à un vol de matériel sur un chantier. Ce dernier prend alors la fuite en se jetant dans la Seine, selon le récit des policiers. Rapidement secouru, il est finalement conduit à l’hôpital sans que son état n’inspire d’inquiétude.

Le fonctionnaire n’est pas poursuivi pour « violences »

L’affaire aurait pu s’arrêter là, elle a finalement pris un tout autre tournant après la diffusion des images de l’intervention, rapidement devenues virales. « Un bicot comme ça, ça ne nage pas… Ça coule. Tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », pouvait-on entendre.

« Sans cette vidéo l’affaire n’aurait jamais été connue de la justice », insiste auprès de 20 Minutes l’avocat de la victime, Me Arié Alimi, alors qu’un projet de loi souhaite interdire la diffusion d’images permettant d’identifier les policiers. Le fonctionnaire n’est, en revanche, pas poursuivi pour « violences », le parquet ayant estimé que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés. Le conseil a d’ores et déjà indiqué qu’il comptait faire citer tous les policiers présents, y compris le commissaire-divisionnaire de la circonscription d’Asnières, afin qu’ils répondent des faits de « violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ».