Créteil : Condamné à 25 ans de prison pour avoir tué sa petite amie à coup de pied dans la tête

VIOLENCES CONJUGALES Gianni Drissi, 24 ans, a été condamné à une peine de 25 ans de réclusion pour le meurtre de sa petite amie. Malgré des vidéos de menaces envoyées plus tôt dans la soirée, la cour d'assises du Val-de-Marne n'a pas retenu la préméditation

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marne). (Illustration)
Le tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marne). (Illustration) — Vincent Wartner / 20 Minutes

Tout à coup, Gianni Drissi a fait tomber le masque. Quelques minutes après avoir été condamné par la cour d’assises du Val-de-Marne à 25 ans de réclusion pour avoir tué à coups de pied sa petite amie de 21 ans, Aissatou Sow, l’homme de 24 ans a invectivé la famille de la victime et ses amies, présentes durant les trois jours de procès. « Regarde-moi bien, t’inquiète pas », a-t-il prononcé sur un ton menaçant à l’adresse du frère de la victime. « Bien sûr que je vais faire appel » a-t-il répété trois fois, se départissant du calme qu’il a observé durant l’audience.

« J’avais une vision des choses, de ma femme (…) qui était mauvaise », avait-il pourtant dit plus tôt dans la journée, assurant regretter son geste dans la journée et évoquant sa « honte » de l’homme qu’il était. Les faits remontent à septembre 2016. Aissatou Sow passe alors la soirée avec des amies dans un bar, ce qui déclenche chez Gianni Drissi une crise de jalousie dont il est coutumier, selon l’accusation. Il lui envoie alors une vidéo de 40 secondes sur laquelle, visiblement alcoolisé, il charge un revolver et menace la jeune femme : « Au nom d’Allah, t’as voulu aller en boîte avec des mecs, j’suis au courant de tout, je vais te tuer ».

Violences répétées

Raccompagnée dans la nuit par une amie, Aissatou est rattrapée au troisième étage de son immeuble à Valenton (Val-de-Marne) par Gianni Drissi. Il lui assène une gifle « très, très violente » selon ses dires, déstabilisant la jeune femme qui chute en se cognant la tête sur l’ascenseur. Alors qu’elle est au sol, il lui porte plusieurs coups de pied à la tête, avec « l’intention de tuer », a affirmé l’avocate générale lundi, rappelant que l’accusé pratiquait le kickboxing et « qu’il savait ce qu’il faisait ». Transportée dans un état grave à l’hôpital, Aissatou Sow décèdera des suites de ses blessures un mois et demi plus tard.

La jeune femme n’avait jamais porté plainte contre son petit ami avec qui elle était depuis six ans, malgré les violences récurrentes rapportées par son entourage, mais deux mains courantes avaient été déposées en 2014. « Le crime est déjà terrible mais on veut le rendre encore plus terrible », avait dénoncé lors de sa plaidoirie son conseil Me Albane Sciaraffa, reprochant aux avocates des parties civiles de « livrer la pire version possible » de l’histoire. La cour d’assises du Val-de-Marne n’a pas retenu la préméditation. La peine est conforme aux réquisitions du parquet.