Attentats de janvier 2015 : De nombreuses questions en suspens après la découverte d’un cluster à la cour d’assises spéciale

PROCES Trois accusés ont été testés positifs au coronavirus et cinq autres attendent toujours les résultats de leur test

Caroline Politi

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La salle où se déroule le procès historique des complicités dans les attentats de janvier 2015 à Paris.
La salle où se déroule le procès historique des complicités dans les attentats de janvier 2015 à Paris. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Le procès des attentats de janvier 2015 est suspendu pendant au moins une semaine en raison de plusieurs cas de Covid 19 parmi les accusés.
  • Les premières inquiétudes sont apparues dès mercredi autour du principal accusé.
  • Le verdict était attendu la semaine prochaine.

C’était une crainte, c’est désormais une certitude : la cour d’assises spéciale de Paris où se tient depuis le 2 septembre le procès des attentats de janvier 2015 est devenue un cluster. Trois des dix accusés présents dans le box ont été testés positifs au Covid-19, cinq autres attendent toujours les résultats de leur test. Une situation qui a poussé le président, Régis de Jorna, à suspendre le procès au moins jusqu’à lundi prochain. « La  reprise du procès sera fonction des résultats de ces tests et de l’évolution de l’état de santé des personnes concernées. Des informations complémentaires seront communiquées, dès que possible, notamment quant à la perspective de reprise du procès », précisait le magistrat dans un mail envoyé ce week-end aux avocats.

Les premières inquiétudes sont apparues autour du principal accusé, Ali Riza Polat, dès mercredi. Après deux jours d’interrogatoire très intense, où l’homme jugé pour complicité de crimes, a – littéralement – hurlé son innocence, ce Franco-turc de 35 ans est subitement tombé malade, pris d’une envie de vomir. Le procès avait alors été ajourné, le temps qu’un test soit réalisé. Celui-ci était finalement revenu négatif et le procès avait donc repris. Mais dans le box, l’accusé, d’ordinaire si volubile, affiche une mauvaise mine. Un nouveau test, réalisé au cours du week-end, a finalement infirmé le premier.

Comment les accusés se sont-ils contaminés ?

Dans la foulée, les neuf autres accusés ont été testés : Saïd Makhlouf, assis à près de deux mètres de lui, est également atteint. Une annonce peu surprenante puisqu’il présentait dès jeudi soir, quelques signes inquiétants et notamment de la fièvre. Dans le box d’en face – les accusés sont répartis dans deux box et n’ont jamais changé de place – Metin Karasular – est également positif. Comment se sont-ils contaminés ? Tous se sont pliés sans trop de difficulté au port du masque – contrairement à certains avocats – mais le virus circule activement à la prison de Fresnes comme à la Santé où ils sont détenus. Ils ont également pu se contaminer lors des suspensions d’audience, à l’instar de la pause déjeuner où le port du masque est évidemment impossible.

Reste désormais à savoir comment se déroulera la suite de ce procès emblématique. Les avocats des parties civiles avaient commencé à plaider jeudi, le réquisitoire devait débuter mercredi et le verdict était attendu le 13 novembre. Théoriquement, la salle où se déroule le procès – la seule disposant de deux grands box – est occupée par une autre audience à compter du 16 novembre. Cette audience sera-t-elle décalée ? Ou le procès des attentats mis en « continuation », c’est-à-dire suspendu ? « J’ai dû mal à croire à cette option, compte tenu de l’aspect symbolique de ce procès », assure une avocate des parties civiles. Une partie des conseils a d’ailleurs pris la décision de se faire tester dès ce lundi.