Mort du petit Kenzo : La réclusion à perpétuité requise contre l’ex-compagnon de sa mère

PROCES Le petit garçon, victimes de violences habituelles, est mort le 14 février 2017, après avoir subi de nombreuses tortures

N.B. avec AFP

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Aux assises de l'Hérault (illustration)
Aux assises de l'Hérault (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse

L’insoutenable procès de la mort du petit Kenzo, le 14 février 2017, à Lunel (Hérault), s’achève. Ce vendredi, la réclusion criminelle à perpétuité a été requise contre Teddy, un maçon de 35 ans, jugé par la cour d’assises de l'Hérault pour « un crime d’une sauvagerie exceptionnelle », « le massacre » du fils de son ex-compagne.

L’avocat général a par ailleurs requis 20 ans de prison contre la mère de l’enfant, Angelina, âgée de 23 ans, « qui a assisté à la mise à mort de son fils et n’a rien fait » alors qu’il « suffisait de sortir, de crier ». Il a ainsi requis les peines maximales contre les deux accusés, et a rappelé que près d’une centaine d’ecchymoses récentes avaient été relevées sur tout le corps de l’enfant, décédé d’un éclatement du foie dans le huis clos sordide d’une chambre d’hôtel. Des médecins ont comparé à la barre de la cour d’assises ce qu’avait subi le bébé à la violence d’un « accident de la route ».

Une vidéo « glaçante »

« Vous jugez le massacre d’un enfant dont le supplice aura duré quatre mois et demi, vous jugez des bourreaux d’enfants. Ce procès c’est celui d’un sauvage et d’une mère indigne qui a laissé faire », a estimé l’avocat général, parlant d’un « couple toxique, destructeur, qui va martyriser, sacrifier » Kenzo. L’avocat général est également revenu sur une « vidéo glaçante » du 15 décembre 2016, où l’on voit le bébé, sur le sol, dans un terrain vague, tandis que Teddy feint de l’écraser avec son véhicule, les phares braqués sur lui, pendant qu’Angelina filme. La vidéo, insoutenable, a été diffusée lors du procès.

Il a mis l’accent sur « un épisode qui terrorise », le 21 janvier 2017, lorsque Teddy est accusé d’avoir brûlé le pouce du petit garçon au 3e degré avec un briquet. « On ne peut pas imaginer la souffrance du petit, les cris qu’il a dû pousser », a-t-il poursuivi. L’avocat général a lu les injures, de menaces de mort, d’incitations à frapper l’enfant que contenaient des messages de Teddy à sa compagne, relevant qu’elle était également frappée. « Ça va mal finir, tu me fais peur », écrit Angelina à son compagnon quelques jours avant la mort de l’enfant. « Mon fils et moi, on n’est pas tes souffre-douleurs ».

Verdict ce vendredi

L’avocat général a jugé « consternant » que les différents médecins qui ont vu l’enfant, notamment pour une grave brûlure, n’aient pas signalé de maltraitance.

Teddy, qui nie les faits qui lui sont reprochés, doit répondre de « meurtre » d’un mineur, « torture ou acte de barbarie sur un mineur par une personne ayant autorité sur lui et récidive de violences habituelles ». La mère est pour sa part jugée pour complicité de torture ou acte de barbarie sur un mineur par un ascendant, non-dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et violences habituelles sur un mineur.

Le verdict est attendu vendredi dans l’après-midi ou la soirée.