Policier tué sur les Champs-Elysées : Quatre personnes renvoyées aux assises

PROCES Ils sont accusés d’avoir joué un rôle dans la fourniture d’un fusil d’assaut au djihadiste qui a tué le policier Xavier Jugelé

20 Minutes avec AFP

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Quatre personnes renvoyées aux assises dans le cadre de l'enquête sur le policier tué sur les Champs-Elysées en 2017.
Quatre personnes renvoyées aux assises dans le cadre de l'enquête sur le policier tué sur les Champs-Elysées en 2017. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Quatre personnes sont renvoyées devant la cour d’assises spéciale de Paris, pour leur rôle dans la fourniture d’un fusil d’assaut au djihadiste qui a tué  le policier Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées le 20 avril 2017, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les juges d’instruction antiterroristes ont ordonné le 12 octobre le renvoi aux assises de Nourredine A., 30 ans, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Ils ont en revanche abandonné cette qualification pour les trois autres accusés, renvoyés uniquement « pour infraction à la législation sur les armes », selon cette même source, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste.

En détention provisoire depuis plus de trois ans

Trois des suspects sont en détention provisoire depuis plus de trois ans. Le quatrième a été placé sous contrôle judiciaire, a précisé la même source.

Trois jours avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2017, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans au lourd passé judiciaire, avait attaqué un car de police sur la célèbre avenue, tuant par balles Xavier Jugelé et blessant deux autres policiers, avant d’être abattu.

Pas de signes de radicalisation islamiste en prison

Karim Cheurfi, déjà condamné pour tentatives de meurtres sur des policiers, n’avait pas présenté de signes de radicalisation islamiste en prison. Un message manuscrit défendant la cause de Daesh avait toutefois été retrouvé sur un papier près de son corps.

Daesh avait très rapidement revendiqué l’attaque intervenue sur l’une des artères les plus touristiques de la capitale. Mais l’organisation djihadiste avait probablement commis une erreur de revendication, donnant dans la précipitation une identité du tueur, Abu Yussef le Belge, qui ne correspond pas à Karim Cheurfi.

Leur ADN relevé sur le fusil

Nourredine A., avait été mis en examen initialement pour « complicité » de l’attentat, en juin 2017, soupçonné d’avoir acheté la moto de Karim Cheurfi contre le fusil, selon une source proche de l’enquête à l’époque. Parmi les trois autres, Yanis A., 28 ans, et son ami d’enfance Mederick M., 26 ans, avaient été interpellés dans les semaines suivant l’attaque, leur ADN ayant été relevé sur le fusil. L’avocat du mari de Xavier Jugelé n’a pas souhaité réagir.

Cette attaque solitaire s’était inscrite dans la vague d’attentats djihadistes sans précédent qui a frappé la France depuis janvier 2015, faisant au total 260 morts, commandités par Daesh ou inspirés par ses appels à viser notamment des policiers ou des soldats. La dégradation de la plaque commémorative dédiée à Xavier Jugelé en 2019, au lendemain d’une flambée de violences lors de l’acte 18 des « gilets jaunes », avait suscité une vive émotion.