Dunkerque : Qui pilotait le bateau dont le naufrage a tué quatre migrants ?

ENQUÊTE Le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête pour déterminer les responsabilités après la mort de quatre migrants dans le naufrage de leur embarcation à Dunkerque

M.L. avec AFP

— 

Une embarcation de migrants interceptée dans le détroit du Pas-de-Calais.
Une embarcation de migrants interceptée dans le détroit du Pas-de-Calais. — Gendarmerie maritime
  • Quatre migrants ont trouvé la mort lors du naufrage de leur bateau pour rejoindre la Grande-Bretagne.
  • Un drame d’une ampleur inégalée dans la Manche alors que les tentatives de traversées se multiplient.
  • Une enquête a été ouverte par le parquet de Dunkerque pour tenter de déterminer les responsabilités.

Jamais la Manche n’avait encore connu un tel drame. Mardi matin, une vingtaine de migrants ont tenté de rejoindre la Grande-Bretagne à bord d’une embarcation de type « pêche-promenade ». Pour une raison qui reste à définir, le bateau s’est retourné avant de sombrer au large de Dunkerque, dans le Nord. Quatre personnes, dont deux enfants, ont trouvé la mort. Le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête afin de déterminer les responsabilités dans ce drame.

Mardi, deux enfants de 5 et 8 ans ainsi qu’une femme et un homme, avaient trouvé la mort en tentant de rejoindre les côtes anglaises. L’embarcation utilisée était un bateau de « pêche-promenade », « rigide et à moteur », selon les premiers éléments de l’enquête.

Identifier les victimes, les passeurs et le pilote

Quatorze migrants, rescapés du naufrage « ont été ou sont en train d’être entendus », en garde à vue, a indiqué, mercredi, le procureur de Dunkerque, Sébastien Piève. Une autre personne « nécessite toujours des soins, et n’a pas pu être entendue », a ajouté le procureur.

« Il s’agit d’établir s’ils sont des victimes ou des passeurs […] et d’identifier de possibles mis en cause, en particulier le conducteur de ce bateau », a poursuivi le procureur. Certaines gardes à vue vont être progressivement levées pour ne conserver que de potentiels suspects et « envisager jeudi un ou plusieurs déferrements ».

Selon des témoignages, les victimes décédées « pourraient appartenir à une même famille », qui se serait « retrouvée dans la cabine » au moment du naufrage, mais cela « reste hypothétique » selon le procureur.

Une famille entière décimée

Certaines déclarations font état de « 22 personnes à bord au total, ce qui signifierait que trois personnes sont toujours manquantes, dont un enfant en bas âge », a-t-il ajouté, estimant qu’il « pourrait s’agir du troisième enfant de la famille décédée ».

« Nous formons l’hypothèse que ces personnes – qui se déclarent essentiellement Kurdes de nationalité iranienne, et pour certains Kurdes irakiens – sont parties du camp de Grande-Synthe, auraient été conduites par des passeurs jusqu’à une plage proche […] puis auraient navigué une quarantaine de minutes avant de se retourner » en raison du mauvais temps, a-t-il détaillé. Selon le procureur, toutes les personnes à bord n’étaient pas équipées de gilets de sauvetage.