Pilule troisième génération : La victime Girondine qui se bat contre le labo Bayer verra son dossier instruit

CONTRACEPTION La bordelaise Marion Larat a été la première Française à porter plainte contre Bayer en novembre 2012 après avoir été victime, à 18 ans, d’un AVC qu’elle impute à la prise de la pilule Méliane

20 Minutes avec AFP

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Marion Larat a été victime d'un AVC qu'elle attribue à la prise d'une pilule 3e génération.
Marion Larat a été victime d'un AVC qu'elle attribue à la prise d'une pilule 3e génération. — AFP
  • La première Française à avoir porté plainte contre la pilule troisième génération va finalement voir sa plainte instruite.
  • Après un AVC qu’elle impute à la prise de la pilule Méliane, Marion Larat a porté plainte contre Bayer en novembre 2012.
  • La jeune femme aujourd'hui âgée de 33 ans doit être auditionnée d’ici la fin de l’année.

C’est une victoire pour Marion Larat, lourdement handicapée après un AVC qu’elle impute à la prise d’une pilule de troisième génération produite par Bayer. La jeune femme a porté plainte contre le laboratoire en novembre 2012. Une plainte qui fera l’objet d’une instruction au pénal après une décision de justice qui a infirmé un non-lieu prononcé en 2018, a annoncé ce lundi son avocat.

Parallèlement, au plan civil, Marion Larat, dont la justice avait reconnu la qualité de victime d'« un accident médical non fautif », s’est vu allouer par un jugement en septembre du tribunal judiciaire de Bordeaux, des indemnités de 4,5 millions d’euros par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

La victime auditionnée d’ici la fin de l’année

Avec ce revirement dans un dossier qui court depuis huit ans et concerne des milliers de femmes s’affirmant victimes chaque année de séquelles de contraceptifs hormonaux, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a indiqué, dans un arrêt en juillet, qu'« il a été estimé à tort que le lien de causalité entre la prise de (la pilule Méliane) et l’AVC n’avait pas été établi de façon certaine », a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Me Jean-Christophe Coubris, avocat de Marion Larat, a salué la désignation d’une juge d’instruction, qui devrait auditionner sa cliente « d’ici la fin de l’année ». Fin 2012, Marion Larat, une ex-étudiante bordelaise alors âgée de 25 ans, était devenue la première Française à porter plainte, pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne », après un AVC en 2006 et un handicap à 65 %, qu’elle impute à une pilule de la troisième génération, Méliane, produite par le groupe allemand Bayer.

130 autres plaintes

A l’époque, l’affaire avait poussé les autorités sanitaires à anticiper le déremboursement des « mini-pilules » et ouvert la voie à quelque 130 autres plaintes, centralisées au pôle de santé publique du parquet de Paris. Mais en 2017, le parquet classait l’enquête concernant 29 marques de pilules contraceptives de troisième et quatrième générations. L’avocat de Marion avait alors déposé une plainte avec constitution de partie civile, entraînant désignation d’un juge d’instruction, mais une ordonnance de non-lieu avait été rendue en octobre 2018, d’où l’appel de Me Coubris.

Dans le sillage de l’affaire Marion Larat, le climat de défiance envers les pilules de troisième et quatrième générations a suscité des chutes spectaculaires de leurs ventes. Et le combat médiatisé de la jeune femme « pour les autres victimes », lui avait valu de recevoir un prix « Femme de l’année » (France2/RTL/Marie-Claire).

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