Rennes : Condamnés à du sursis pour avoir tué une piétonne, deux policiers font appel

PROCES Les deux agents ont été condamnés mardi à douze mois de prison avec sursis

J.G. avec AFP

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Illustration d'un véhicule de police, ici près de Rennes.
Illustration d'un véhicule de police, ici près de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Ils contestent la décision de justice rendue mardi  par le tribunal correctionnel. Deux policiers, condamnés à douze mois de prison avec sursis à Rennes pour avoir mortellement percuté une jeune femme à un passage piéton en janvier, ont fait appel de leur condamnation, a-t-on appris auprès de leur avocat. Le tribunal correctionnel avait également prononcé une annulation du permis de conduire du policier qui conduisait le véhicule.

L’accident s’était produit dans la nuit du 8 au 9 janvier. Un véhicule de la brigade canine circulant sur une voie de bus avait percuté deux piétons alors qu’ils traversaient sur un passage piéton. Maëva, accompagnatrice scolaire de 21 ans, avait été projetée sur plusieurs mètres, mourant à l’hôpital des suites de ses blessures. Théo, infirmier rennais de 23 ans, avait été sérieusement blessé, se voyant prescrire 30 jours d’incapacité temporaire de travail.

Leur véhicule roulait entre 67 et 72 km/h

Les deux policiers, âgés de 49 et 51 ans, roulaient entre 67 km/h et 72km/h à bord d’une voiture banalisée et n’avaient pas vu les piétons qui traversaient derrière un bus, selon une expertise citée à l’audience. Ils avaient évoqué l’urgence de l’intervention. Mais dans la demande de renfort, « il n’y a pas d’évocation d’une urgence, d’un danger vital ou d’un risque d’émeute », a pourtant remarqué le président du tribunal.

Le procureur adjoint Jean-Marie Blin avait lui estimé qu’il y avait bien « une urgence relative mais certaine » qui justifiait de s’affranchir du code de la route. « Ils avaient le droit d’accélérer, de rouler à 67 km/h, mais pas à l’abord d’un passage protégé caché par deux bus », a-t-il cependant ajouté. Les policiers ne peuvent en effet déroger au Code de la route qu’en cas d’urgence et « sous réserve de ne pas mettre en danger les autres usagers ». La peine maximale encourue était de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.