Marseille : En appel, l’avocat général demande le placement en détention provisoire de José Anigo

PRISON ? L’ancien directeur sportif de l’Olympique de Marseille a été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs

20 Minutes avec AFP

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José Anigo en 2013.
José Anigo en 2013. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

José Anigo va-t-il passer par la case prison ? Un placement en détention provisoire de l’ancien directeur sportif de l’Olympique de Marseille a été requis mercredi. Il avait été mis en examen le 4 octobre pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’une extorsion et d’un homicide volontaire en bande organisée. Le parquet de Marseille avait fait appel le 8 octobre de son placement sous contrôle judiciaire.

Ne pas le laisser fuir

Devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, l’avocat général Pierre Arpaia a réclamé son placement en détention provisoire « par mesure de sûreté ». Evoquant « des personnes passées à travers les mailles du filet policier et toujours recherchées » dans ce dossier, l’avocat général a invoqué « un risque de pressions et de représailles sur José Anigo ». Mais « subsidiairement », Pierre Arpaia n’a pas fermé la porte à un maintien sous contrôle judiciaire, à la condition qu’il comprenne des obligations renforcées.

Présent à l’audience, José Anigo, 59 ans, a assuré les juges qu’il n’a « pas l’intention de se soustraire à la justice ». Alors qu’il évoquait la mort de son fils Adrien, tué dans un règlement de comptes en 2013, l’ancien directeur sportif et entraîneur de l’OM s’est aussitôt montré envahi par l’émotion et a renoncé à s’expliquer plus avant. Son avocat a proposé une assignation à résidence en France, sous surveillance électronique, dans un domicile « situé en dehors des Bouches-du-Rhône », invitant même la cour à augmenter, « sans limitation », le montant du cautionnement initialement fixé à 10.000 euros. La chambre de l’instruction rendra sa décision le 28 octobre.

Le milieu marseillais au cœur du dossier

José Anigo, dont le contrat de recruteur auprès du club anglais de Nottingham Forest n’a pas été renouvelé début octobre, se retrouve au cœur d’un dossier qui, selon l’avocat général, « porte l’empreinte du banditisme local ». Il est soupçonné d’avoir cédé à une bande criminelle marseillaise la charge de recouvrer une commission de 1,5 million d’euros que lui devrait un directeur de boite de nuit d’Aix-en-Provence. Avec ce dernier, José Anigo s’était chargé des débuts de carrière du jeune footballeur Isaac Lihadji, dont le transfert cet été à Lille (Ligue 1) a été conclu au terme d’un contrat de cinq millions d’euros.