Attentat à Conflans : Enquête après la diffusion de la photo du professeur décapité par un site néonazi

VIOLENCE Le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty a été décapité vendredi lors d’un attentat terroriste à Conflans-Sainte-Honorine

20 Minutes avec AFP

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Hommage au professeur assassiné, le 19 octobre 2020 à Poissy.
Hommage au professeur assassiné, le 19 octobre 2020 à Poissy. — ISA HARSIN/SIPA

Le parquet de Paris a ouvert dimanche une enquête après la diffusion sur un site Internet néonazi de la photographie du professeur décapité vendredi près d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a-t-il annoncé ce lundi à l’AFP.

Un site Internet néonazi français, hébergé à l’étranger, a diffusé la photographie du cadavre décapité du professeur, Samuel Paty, postée sur Twitter par l’assaillant, Abdoullakh Anzorov, pour revendiquer son crime. L’enquête pour « diffusion d’images de violence », confiée aux policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a été ouverte après le signalement de la diffusion du cliché par l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), a précisé à l’AFP le parquet de Paris.

Un cliché accompagné d’un message de haine

L’AFVT a déposé plainte lundi matin pour « publication incitant au terrorisme ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine », a indiqué à l’AFP son directeur général et porte-parole, Guillaume Denoix de Saint-Marc. « On dépose plainte par respect pour les familles, c’est horrible de voir cette photo sur la toile », a-t-il ajouté, précisant qu’un message de haine accompagnait le cliché sur le site Internet néonazi.

« On a œuvré pour faire disparaître la photo de la tête coupée de tous les réseaux sociaux, ce qu’on a réussi à faire via la plateforme de signalement de contenus illicites sur Internet Pharos, Twitter et Facebook, mais il reste quelques sites » qui n’ont pas retiré le cliché, a-t-il regretté.

Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie qui avait montré début octobre des caricatures de Mahomet à ses élèves, a été décapité vendredi à proximité du collège où il enseignait, par un Russe tchétchène de 18 ans, Abdoullakh Anzorov, qui a ensuite été abattu par les policiers.