Rennes : Deux policiers jugés pour avoir fauché mortellement une jeune femme

PROCES La sirène des policiers n’était pas activée au moment du drame survenu dans la nuit du 8 au 9 janvier

Jérôme Gicquel

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L'accident s'était produit sur un passage piéton traversant les voies de bus après le pont de Châteaudun, à Rennes
L'accident s'était produit sur un passage piéton traversant les voies de bus après le pont de Châteaudun, à Rennes — C. Allain / 20 Minutes
  • Deux policiers seront jugés pour homicide involontaire ce mardi après-midi à Rennes.
  • Dans la nuit du 8 au 9 janvier, leur véhicule avait percuté mortellement une jeune femme de 21 ans qui traversait la route sur un passage protégé.
  • Au moment du drame, le gyrophare du véhicule de police était activé mais pas la sirène.

Roulaient-ils trop vite ? Et pourquoi n’avaient-ils pas activé la sirène de leur voiture banalisée ? Autant de questions qui seront au cœur des débats ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Rennes où deux policiers comparaîtront pour homicide involontaire. Les deux fonctionnaires, âgés de 49 et 51 ans, seront jugés pour avoir fauché mortellement une jeune femme de 21 ans.

Le drame s’était déroulé dans la nuit du 8 au 9 janvier au niveau du pont de Châteaudun à Rennes. Alors qu’elle traversait sur un passage protégé, la victime, animatrice en milieu scolaire, avait été percutée par un véhicule de police banalisé qui partait en intervention. Transportée dans un état grave au CHU Pontchaillou, la jeune femme était décédée quelques heures plus tard. Un jeune homme de 24 ans qui traversait au même moment avait également été grièvement blessé dans la collision.

Le gyrophare activé mais pas la sirène

Le parquet de Rennes avait aussitôt ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale, pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Elle avait révélé que le véhicule de police circulait sur une voie dédiée aux bus avec son gyrophare activé. La sirène deux tons du véhicule n’avait en revanche pas été déclenchée alors que son usage s’impose dans les situations d’urgence.

Mais dans les faits, les patrouilles ne l’utilisent pas systématiquement. « En pleine nuit, on réveillerait tout le quartier tous les jours », confiait à l’époque un policier contacté par 20 Minutes. En 2017, une circulaire du préfet de police de Paris en 2017 invitait même les fonctionnaires à ne pas abuser de leur sirène pour « ne pas créer de climat anxiogène ».

L’avocat des deux policiers plaidera la relaxe

Lors de leur audition, les deux agents de la brigade cynophile, dont les tests d’alcool et de stupéfiants s’étaient révélés négatifs, avaient expliqué ne pas avoir vu les piétons traverser, ces derniers étant masqués par un bus à l’arrêt. Les constations avaient permis d’établir que leur véhicule s’était arrêté 23 mètres après l’impact sur une route humide.

« L’accident était pratiquement inévitable comme l’ont indiqué certains experts », assure Maître Frédéric Birrien, qui défendra les deux policiers. « Nous ne discuterons pas de la responsabilité de mes clients qui est pleine et entière mais de leur culpabilité », ajoute l’avocat qui plaidera la relaxe.