Marseille : Jusqu’à 10 ans de prison dans l’affaire des « mules » guyanaises

TRAFIC DE DROGUE En débarquant de l’avion, les jeunes « mules » étaient parfois directement amenées auprès du client final, en France ou en Belgique

20 Minutes avec AFP

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De la cocaïne. (Illustration)
De la cocaïne. (Illustration) — WPA/SIPA

Des peines de prison d’un an avec sursis à dix ans ferme ont été prononcées jeudi par le tribunal correctionnel de Marseille contre la trentaine de prévenus jugés pour leur rôle dans des filières d’importation de cocaïne depuis le Suriname via la Guyane en 2016 et 2017.

La peine maximale a été prononcée contre Franciscus Djoe, alias « Rasta », et un mandat d’arrêt a été lancé contre ce Surinamais fournisseur d’une cocaïne pure à 70 % venue de Colombie. C’est lui qui recrutait les «mules », ces jeunes hommes ou jeunes femmes de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane chargés de prendre l’avion et de transporter la drogue vers la France, après l’avoir ingérée.

Jusqu’à 150 « ovules » avalées

Ces passeurs avalaient jusqu’à 150 « ovules » de huit grammes de cocaïne chacun, après avoir subi « le bain rituel », un rite chamanique destiné à éloigner le mauvais œil durant leur vol vers la métropole.

Le tribunal a condamné cinq de ces « mules » à des peines allant de deux ans de prison dont un an avec sursis à trois ans dont dix-huit mois avec sursis.

A l’audience, lors de ce procès entamé le 28 septembre, trois d’entre eux ont raconté comment ils étaient accueillis par des inconnus à leur descente d’avion à Orly, puis conduits dans un hôtel pour expulser la drogue de leur corps, ou même parfois directement amenés auprès du client final, en France ou en Belgique.

Des peines de trois à six ans de prison et des amendes jusqu’à 20.000 euros ont été prononcées contre ces prévenus en charge de la réception des « mules ».

De Suriname à la métropole, le prix au kg multiplié par dix

Deux jeunes Guyanais, qualifiés d’importateurs, ont été condamnés à sept et huit ans de prison et à des amendes de 30.000 et 50.000 euros pour avoir mis en relation les fournisseurs surinamais et des « grossistes » en France. Parmi ces gros clients, Malik Volpi, un Varois, a été condamné à dix ans de prison. « Il achetait et revendait par kilo », avait expliqué la procureure, Magali Raffaele, en demandant 14 ans de prison contre lui.

Dans son réquisitoire, la représentante du parquet avait relevé qu'« entre un point A, le Suriname, et un point B, la métropole, le prix du kilo de cocaïne passait de 3.500 à 35. 000 euros ».

Mais selon la magistrate, « ces filières ne seraient rien sans les “mules”, considérées comme de simples vecteurs de transport ». Depuis que les autorités néerlandaises ont mis en place, il y a cinq ans, un contrôle par scanner de tous les passagers atterrissant à Amsterdam en provenance de Paramaribo, ce serait une cinquantaine de passeurs ayant avalé ou transportant la drogue sur eux qui tenteraient aujourd’hui d’embarquer sur chaque vol Cayenne-Orly.