Coronavirus à Montpellier : Malgré la décision de justice, le préfet maintient la fermeture des salles de sport

REFERE Jeudi, le tribunal administratif avait pourtant enjoint les services de l'Etat à revoir leur copie

Nicolas Bonzom

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Une salle de sport (Illustration)
Une salle de sport (Illustration) — SINTESI/SIPA
  • Malgré la décision de justice, la préfecture a décidé de maintenir la fermeture des salles de sport dans l'Hérault. C'est juste le zonage de la mesure qui évolue.
  • Le tribunal administratif de Montpellier a enjoint jeudi le préfet de l’Hérault​ à modifier son arrêté ordonnant la fermeture des salles de sport, et à limiter la fermeture aux établissements qui ne respectent pas les mesures sanitaires adéquates.
  • La justice indiquait que l’arrêté devait être rédigé au plus samedi à midi.

Malgré la décision du tribunal administratif de Montpellier, qui avait enjoint jeudi les services de l’Etat à revoir leur copie, la préfecture de l'Hérault annonce qu’elle maintient la fermeture des salles de sport. C’est simplement le zonage de la mesure qui a été modifiée : la fermeture est désormais en vigueur dans les communes de la métropole de Montpellier, ainsi qu’à Lunel, la Grande-Motte, Montarnaud, Mauguio, Palavas, Saint-Aunès, Saint-Clément-de-Rivière, Saint-Gély-du-Fesc et Teyran.

« Dans l’Hérault, la situation sanitaire reste très préoccupante avec une aggravation de celle-ci, indique la préfecture. Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée au non-respect de la distanciation entre les personnes notamment lors de rassemblements privés et lors d’activités physiques (sport, danse…) associé à un relâchement des consignes sanitaires. »

Le gérant des salles de sport Training Go, à Montpellier, Castelnau-le-Lez et Lattes/Pérols, avait déposé, par le biais de son avocat, un référé visant à suspendre cette mesure, qui plonge les « établissements dans une détresse inacceptable ». « Il n’est pourtant plus à démontrer que le sport participe au bien-être et à la santé de chaque individu, indiquait Barnabé Chavrier, l’avocat du fondateur de ces salles. Aucune information, ni aucune étude, ne vient démontrer que les salles de sport seraient des foyers de contamination. D’autant que les salles de sport sont dans la capacité, contrairement à d’autres activités, de mettre en œuvre un protocole sanitaire adéquat. »

Un nouvel arrêté avant samedi ?

Dans sa décision, jeudi, le tribunal administratif avait demandé au préfet « d’édicter, au plus tard le samedi 10 octobre à midi, un nouvel arrêté ou de modifier son arrêté pour limiter (…) l’interdiction des activités physiques et sportives en milieu clos qu’il prévoit [aux] les établissements qui ne sont pas en mesure de mettre en œuvre un protocole sanitaire garantissant le respect des mesures barrières et de distanciation physique. » Autrement dit, les salles qui respectent les mesures devaient rouvrir samedi, pensait-on.

« La situation sanitaire [justifie] que les pouvoirs publics prennent des mesures adaptées pour contenir la propagation de l’épidémie, mais les protocoles sanitaires rigoureux mis en place dans les salles de sports pour des activités n’impliquant aucun contact [sont] précisément de nature à éviter la propagation active du virus », poursuit le tribunal.

« Victoire ! »

« Victoire !, s’était réjoui le fondateur des salles de sport Training Go, sur sa page Facebook. Nous allons maintenant travailler ensemble avec les autorités pour finaliser un protocole sanitaire strict afin d’assurer la sécurité des adhérents. »

L’Etat a été par ailleurs condamné à verser 1.200 euros à la société qui a déposé le référé devant le tribunal administratif pour couvrir ses frais de justice.

Jeudi, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a indiqué que l’Etat se donnait quelques jours, jusqu’à lundi, pour observer la propagation du Covid-19 à Montpellier, et placer éventuellement la ville en alerte maximale si la situation se dégrade. Le taux d’incidence est pour l’instant de 195 pour 100.000 habitants dans la métropole, et la part de patients atteints par le Covid-19 placés en réanimation dans les hôpitaux de 27 %.