Bretagne : Des licenciements « sans cause réelle et sérieuse »… Le géant du saumon Marine Harvest condamné

ECONOMIE Plus de cent personnes avaient été licenciées en 2011 à Poullaouën et Châteaugiron

C.A. avec AFP

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Des salariés de Marine Harvest lors d'un rassemblement en 2013 en Bretagne.
Des salariés de Marine Harvest lors d'un rassemblement en 2013 en Bretagne. — S. Salom Gomis / SIPA

La cour d’appel de Rennes n’a fait que confirmer la décision rendue par le tribunal des Prud’hommes de Brest en 2017. Ce jeudi, l’instance judiciaire a maintenu la condamnation à l'encontre de Marine Harvest, groupe norvégien leader mondial du saumon fumé. En 2013, le géant du poisson avait licencié 111 personnes au sein de son usine de Poullaouën, dans le Finistère. Quatre ans plus tard, le groupe avait été condamné à verser aux salariés entre six et vingt mois de salaire en fonction de leur ancienneté.

L’appel émis par l’entreprise, filiale du groupe norvégien Mowi, a donc été rejeté par la cour bretonne, qui a estimé que ces licenciements avaient été réalisés « sans cause réelle et sérieuse ». « C’est une grande victoire », s’est félicité Me Roger Potin, avocat des salariés. Ce dernier contestait le licenciement et la réalité du motif économique invoqué par le groupe norvégien.

Des profits estimés à 400 millions d’euros

L’année de la décision de la fermeture de l’usine de Poullaouën et de Châteaugiron, le groupe norvégien avait annoncé 400 millions d’euros de profits et acquis le numéro un mondial de la transformation de saumon, la société polonaise Morpol. « Cette acquisition avait été cachée aux élus du personnel », a rappelé Me Potin, pour qui l’achat avait pour objectif de délocaliser en Pologne la transformation du saumon fumé réalisée à Poullaouën. « Le groupe réalisait en outre des profits exorbitants », a-t-il souligné. D’autres salariés vont contester leur licenciement prochainement.

Marine Harvest avait annoncé, en juin 2013, la suppression de 400 postes à Poullaouën et à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). Les salariés de ce dernier site n’avaient pas contesté leur licenciement. Plus gros producteur de saumon d’élevage au monde, la société emploie près de 15.000 salariés dans 25 pays.