Strasbourg : Accusé d’avoir violé le secret professionnel, l’avocat de Jonathann Daval relaxé

CORRECTIONNELLE Il était reproché à Maître Randall Schwerdorffer d’avoir divulgué des informations à la mère du meurtrier présumé d’Alexia Daval

T.G. avec AFP
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Maître Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval.
Maître Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval. — David Niviere/SIPA
  • Maître Randall Schwerdorffer n’était plus avocat ce jeudi matin à Strasbourg, mais accusé devant le tribunal correctionnel.
  • Il était jugé pour violation du secret professionnel dans ce dossier criminel très médiatisé.
  • Il a été relaxé. « Je l’espérais, je ne comprenais pas trop ce que l’on me reprochait », a réagi à l’issue de l’audience le conseil.

Un avocat faisait partie des accusés ce jeudi matin à Strasbourg. Maître Randall Schwerdorffer, le conseil de Jonathann Daval qui a avoué avoir tué sa femme Alexia en octobre 2017, comparaissait devant le tribunal correctionnel. Il était jugé pour violation du secret professionnel dans ce dossier criminel très médiatisé.

Résultat ? Maître Randall Schwerdorffer a été relaxé. Une décision conforme aux réquisitions du procureur de la République, Gilles Bourdier, qui avait estimé que, à ses yeux, « il n’y a pas de charges » dans ce dossier.

« Je suis très soulagé »

« Je l’espérais, je ne comprenais pas trop ce que l’on me reprochait », a réagi à l’issue de l’audience le conseil, l’un des principaux pénalistes de l’est de la France. Sa défense s’articulait autour de la « protection de la liberté d’expression de l’avocat et, au-delà de la mienne, des avocats ». « Je suis très soulagé et satisfait d’avoir eu une juridiction qui aille dans ce sens-là », a-t-il ajouté.

Il était poursuivi par le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, pour violation du secret professionnel. Le 7 décembre 2018, il aurait divulgué des informations à la mère de Jonathann Daval, en marge d’une série d’auditions durant lesquelles l’informaticien avouera de nouveau le meurtre, après s’être rétracté pendant plusieurs mois.

La scène s’était déroulée près de la machine à café dans la salle des pas perdus du tribunal judiciaire de Besançon, alors envahie de journalistes. Il était notamment reproché à Me Schwerdorffer de lui avoir dit que Jonathann avait fondu en larmes lorsqu’on lui avait présenté une photo d’Alexia et de leur chat Happy, apportée le jour-même par la mère d’Alexia.

« Si on ne peut pas dire ça, quelle est la place de l’avocat ? On ne peut donc rien dire ? Je n’ai pas prêté serment pour avoir peur et me taire tout le temps ! », avait lancé l’avocat bisontin à la barre. Ses trois conseils, Mes Marylène Correia, Patrice Euvrard et Antoine Fittante, avaient demandé la relaxe de leur client, arguant que les propos visés, qui s’inscrivent dans un devoir « d’humanité », n’entravaient en rien l’instruction pas plus qu’ils n’en dévoilaient des secrets.

Le tribunal correctionnel de Strasbourg leur a donné raison.