Disparue du Tarn : Les personnalités d’un accusé « dépressif » et d’une victime avec « des fragilités » passées au crible

PROCES Au premier de son procès, Guerric Jehanno, accusé d’avoir tué et violé Amandine Estrabaud en juin 2013, a clamé à nouveau son innocence et a été décrit comme en proie à de nombreuses addictions

20 Minutes avec AFP

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Une cour d'assises. (illustration)
Une cour d'assises. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Amandine Estrabaud, 30 ans, a disparu le 18 juin 2013 de son domicile de Roquecourbe, dans le Tarn. Son corps n’a jamais été retrouvé.
  • Depuis jeudi, Guerric Jehanno, un maçon de 32 ans qui clame son innocence, est jugé à Albi pour son viol et son meurtre.
  • Au premier jour de son procès, il a été décrit comme dépressif et addict aux jeux vidéo comme à la pornographie en ligne.
  • Amandine Estrabaud, « la disparue du Tarn », a aussi été présentée comme ayant des fragilités.

Au premier jour du procès à Albi du meurtrier présumé d’Amandine Estrabaud, la « disparue du Tarn », le président a fait projeter un portrait de la victime. « Qu’est-ce que cette photo vous provoque ? », a demandé Laurent Gaudino à l’accusé. « Rien », a répondu Guerric Jehanno, le maçon taciturne de 32 ans, jugé pour le meurtre et le viol de la jeune femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Présenté comme dépressif, et surprotégé par sa mère, celui qui a déjà passé plus de quatre ans en prison et clame toujours son innocence, est apparu en chemise bleu clair devant les jurés. L’enquêtrice de personnalité l’a décrit comme quelqu’un s’emportant facilement lors de ses « épisodes d’alcoolisation récurrents », dépendant aux jeux vidéo et à la pornographie, et avec des difficultés à aborder les femmes et construire des relations amoureuses durables.

Une mère inquiète et confuse

Sa mère a été appelée à la barre pour s’expliquer sur sa visite aux gendarmes, en 2014, plusieurs mois après la disparition d’Amandine. A l’époque, elle s’inquiétait du comportement de son fils depuis les faits présumés, et qu’il répète notamment qu’il n’était « pas un assassin ».

Devant la cour d’assises du Tarn, elle est apparue visiblement éprouvée par le procès pour lequel son fils encourt la perpétuité. Elle a réfuté une partie de sa déposition de l’époque et a semblé avoir oublié certaines déclarations, tenant parfois des propos contradictoires.

Une victime qui avait aussi ses fragilités

La personnalité d’Amandine, que personne n’a jamais revue depuis le 18 juin 2013, a aussi été abordée. L’experte de personnalité l’a présentée commet une jeune femme « charmante », « aimant la vie » mais avec des « fragilités ». L’implication de son père dans une affaire de mœurs quand elle était enfant l’avait plongée dans des périodes d’anorexie. Avant sa disparition, elle suivait une psychothérapie et venait de rompre avec son dernier compagnon, avec qui elle a vécu une relation « passionnelle et destructrice ».

Des fragilités que la défense compte exploiter puisqu’elle veut convaincre la cour que, aucune preuve matérielle de sa mort n’ayant été retrouvée, Amandine n’a peut-être pas été tuée.

Le jour de sa disparition Amandine Estrabaud est rentrée, probablement en stop, du lycée de Castres où elle travaillait comme surveillante. Sa voisine l’a aperçue devant elle avec un homme descendant d’une camionnette blanche en pantalon de chantier. Les enquêteurs pensent qu’elle est tombée sur Guerric Jehanno, qui la trouvait depuis longtemps séduisante.

Le verdict est attendu le 14 octobre.