Une prison (illustration)
Une prison (illustration) — KONRAD K./SIPA

NOMINATION

Dominique Simonnot, journaliste au « Canard enchaîné », pressentie pour devenir Contrôleuse des lieux de privation de liberté

Vincent Vantighem

Emmanuel Macron a proposé le nom de cette chroniqueuse judiciaire de talent pour succéder à Adeline Hazan

  • Emmanuel Macron a proposé, ce lundi, de nommer Dominique Simonnot au poste de Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté en remplacement d’Adeline Hazan, partie à la mi-juillet.
  • Chroniqueuse judiciaire au « Canard enchaîné », Dominique Simonnot, 68 ans, a commencé sa carrière comme éducatrice auprès des détenus ayant bénéficié d’une libération conditionnelle.
  • Pour être officiellement nommée au Contrôle, elle doit encore passer un oral devant l’Assemblée nationale et le Sénat.

Le poste était vacant depuis le 16 juillet. Emmanuel Macron a proposé, ce lundi, de nommer Dominique Simonnot au poste de Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) en remplacement d’Adeline Hazan. Âgée de 68 ans, Dominique Simonnot est actuellement chroniqueuse judiciaire au Canard enchaîné après avoir commencé sa carrière comme éducatrice à l’Administration pénitentiaire. Chaque mercredi, sa chronique « Coups de barre » dépeint, avec truculence, le déroulement d’une audience de justice qui, d’apparence banale, éclaire un fait de société.

Pour être officiellement nommée à ce poste, Dominique Simonnot doit encore passer un grand oral devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Cela pourrait avoir lieu dans les quinze prochains jours. Il y a peu, Amélie de Montchalain, secrétaire d’État chargée des Affaires européennes, avait en effet annoncé l’arrivée d’un nouveau Contrôleur avant « la mi-octobre ».

Une nomination surprise

La nomination de cette journaliste engagée, connue pour son indépendance et son franc-parler, est une surprise. Selon nos informations, les équipes du Contrôle l’ont appris, ce lundi, en même temps que la presse quand l’Élysée a envoyé son communiqué. En proposant son nom, Emmanuel Macron perpétue la récente tradition qui veut que le pouvoir en place nomme des personnalités iconoclastes et non-issues de ses rangs aux postes de Défenseur des droits et Contrôleur des lieux de privation de liberté.

Raillé lors de sa nomination surprise par François Hollande, Jacques Toubon, l’ancien Défenseur des droits, avait, ensuite, suscité l’unanimité dans les rangs politiques pour la qualité de son travail. Si sa nomination est confirmée, Dominique Simonnot, titulaire d’une licence de droit, succéderait à Adeline Hazan, une ancienne magistrate et députée, et à Jean-Marie Delarue, ancien Conseiller d’État. Selon nos informations, l’Élysée avait, un temps, envisagé de nommer un ancien détenu à ce poste avant d’y renoncer.

Des rapports et des saisines

A la tête d’une cinquantaine de personnes dont une vingtaine de « contrôleurs », Dominique Simonnot aura la charge de contrôler les établissements pénitentiaires mais aussi les autres lieux de privation de liberté (centres éducatifs fermés, hôpitaux psychiatriques, etc.) et d’alerter le gouvernement sur les problèmes qui s’y posent.

Statutairement indépendante du pouvoir en place, elle pourra aussi être directement saisie par les détenus pour faire valoir leurs droits. La mission de Contrôleur général des lieux de privation de liberté est prévue pour une durée de six ans, non renouvelable.