Affaire Vecchi : L'ex-activiste italien de retour devant la justice française

JUSTICE L'homme, réfugié en Bretagne, avait été condamné à douze ans et demi de prison par la cour d'appel de Gênes en 2001

20 Minutes avec AFP

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Des rassemblements ont eu lieu ces derniers jours en Bretagne pour demander la libération de Vincenzo Vecchi. (Illustration
Des rassemblements ont eu lieu ces derniers jours en Bretagne pour demander la libération de Vincenzo Vecchi. (Illustration — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • La cour d'appel d'Angers examine vendredi un mandat d'arrêt de la justice italienne visant le militant altermondialiste.
  • Condamné en 2001 en Italie, il avait été retrouvé et arrêté en août 2019 dans le Morbihan, où il s'était réfugié.

La cour d’appel d’Angers examine vendredi un mandat d’arrêt de la justice italienne visant le militant altermondialiste Vincenzo Vecchi. Cet homme, réfugié en Bretagne après sa condamnation liée aux émeutes en marge du sommet du G8 de Gênes en 2001, avait été arrêté le 8 août 2019 à Rochefort-en-Terre (Morbihan), où il travaillait comme peintre en bâtiment depuis de nombreuses années.

En 2009, il avait été condamné à douze ans et demi de prison par la cour d’appel de Gênes « pour complicité de vol avec violence, incendie volontaire, complicité de dévastation et pillage, dommage volontaire et usage d’armes prohibées dans un lieu public » lors du sommet du G8. Après trois mois de détention à la prison de Rennes-Vezin, il a été libéré le 15 novembre 2019 par la cour d’appel de Rennes, qui a jugé irrégulière « la procédure d’exécution » du mandat d’arrêt européen. La Cour de cassation a finalement renvoyé l’affaire devant la cour d’appel d’Angers.

Pétitions et soutiens

Entretemps, ce fils d’ouvrier, originaire de Bergame (Lombardie) et âgé de 47 ans, a retrouvé un emploi en CDI dans la construction de bâtiments écologiques à Questembert (Morbihan). « Depuis 19 ans que les faits ont eu lieu, c’est quand même une sacrée réussite de réinsertion », sourit Laurence Petit, une des membres les plus actives de son comité de soutien. Car plus d’un an après son arrestation surprise, ses amis de Rochefort-en-Terre, rencontrés pour beaucoup au Café de la Pente, ne désarment pas, multipliant pétitions, réunions de soutien et lettres ouvertes.

Ils ont ainsi réussi à obtenir copie des photos qui ont conduit à la condamnation. Sur certaines photos, il apparaît casqué, un bâton à la main ou essayant (en vain) de mettre le feu à un pneu, décrivent ses soutiens. « Ce n’est pas un enfant de chœur. Lui-même n’a jamais dit qu’il était innocent », reconnaît l’un de ses proches. Mais, « à aucun moment, on ne le voit jeter quoi que ce soit sur la police ou casser la devanture d’une banque », comme il en a été accusé, assure-t-il.

La sévérité de la peine pointée du doigt

L’essentiel du débat devrait porter sur des questions de procédure assez techniques, notamment sur la double incrimination : pour que le mandat d’arrêt européen visant Vincenzo Vecchi soit exécuté, les faits qu’il a commis doivent être une infraction à la fois en France et en Italie. La sévérité de la peine est aussi pointée du doigt par les défenseurs de Vincenzo Vecchi. « Il s’agit non seulement d’une peine disproportionnée, mais d’une peine totalement délirante », assène l'écrivain Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, qui s’est beaucoup impliqué dans la défense du militant italien.

Le militant faisait partie des « dix de Gênes », dix militants condamnés, souvent à des peines très lourdes, pour les affrontements du G8. Membre de la sphère « anarcho-autonome milanaise », il était le dernier des « Black blocs en cavale », selon la terminologie de la justice italienne.