Attentats de janvier 2015 : Des parties civiles demandent l'audition de Bernard Cazeneuve

TEMOIGNAGES Elles veulent lever les zones d’ombre, et en savoir plus sur « la façon dont la protection des locaux de "Charlie hebdo" a été assurée » à cette période

20 Minutes avec AFP

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Bernard Cazeneuve en 2013 à Paris.
Bernard Cazeneuve en 2013 à Paris. — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Des avocats de parties civiles ont réclamé ce jeudi l’audition de l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve au procès des attentats de janvier 2015, jugeant son témoignage nécessaire pour « comprendre » s’il y a eu des failles dans la surveillance policière de Charlie hebdo.

« Depuis le début des débats, mes clients ont l’impression qu’une partie de l’histoire » a « été oubliée », a déclaré devant la cour d’assises Antoine Conte, avocat de l’écrivain Philippe Lançon, de l’urgentiste Patrick Pelloux et de la veuve du dessinateur Tignous.

« Nous devrions entendre un politique »

Parmi ces points marqués par des « zones d’ombre » : « La façon dont la protection des locaux de "Charlie hebdo" a été faite et peut-être défaite au moment de l’attentat », à un moment où la France était « impliquée dans la coalition internationale luttant contre Daesh ».

Pour cette raison, « nous devrions entendre un politique », a poursuivi Me Antoine Conte, en demandant à la cour « d’ordonner la comparution de M. Cazeneuve », ministre de l’Intérieur à l’époque des faits, pour « comprendre les choses qui ont manqué en janvier 2015 ». « Il n’y a aucun esprit polémique dans la demande que je fais », la situation nécessitant « qu’on comprenne » et « qu’on gratte », a ajouté l’avocat, soutenu par plusieurs parties civiles, dont l’avocate de Maryse Wolinski, veuve de l’un des dessinateurs tués dans l’attentat.

Un emploi du temps « très serré »

Invité à se prononcer sur cette requête, le représentant du parquet a proposé que soient plutôt entendus « les responsables opérationnels » des services de police alors en charge de la protection des personnalités et de la protection des sites sensibles.

L’avocat de l’un des accusés, Me Christian Saint-Palais, a dit de son côté ne pas s’opposer à cette audition « à condition que l’emploi du temps » permette aux accusés de se « défendre dans des conditions convenables ». « Le planning est déjà très serré », a-t-il ajouté. Le président de la cour d’assises spéciale, Régis de Jorna, a fait savoir qu’il communiquerait plus tard sa décision.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur de 2014 à 2016, puis Premier ministre jusqu’en 2017, a raconté dans un livre paru fin 2019 (A l’épreuve de la violence) son expérience des attentats de janvier 2015, qui ont fait 17 morts. Depuis son départ de Matignon, il a quitté la politique et travaille désormais comme avocat.