Rennes : Cinq ans d’inéligibilité demandés contre le député LREM Mustapha Laabid

POLITIQUE Condamné le 6 août 2019 pour abus de confiance, le député rennais était rejugé en appel jeudi

J.G. avec AFP

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Mustapha Laabid a été élu député de la première circonscription d'Ille-et-Vilaine (Rennes Sud) le 18 juin 2017.
Mustapha Laabid a été élu député de la première circonscription d'Ille-et-Vilaine (Rennes Sud) le 18 juin 2017. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

La peine requise est plus lourde que celle prononcée le 6 août. Condamné pour abus de confiance à six mois avec sursis, trois ans d’inéligibilité et 10.000 euros d’amende, le député LREM Mustapha Laabid était rejugé jeudi devant la cour d’appel de Rennes. A l’issue de l’audience, une peine d’inéligibilité de cinq ans ainsi que six mois avec sursis et une amende de 10.000 euros ont été requises à son encontre. La décision a été mise en délibéré au 5 novembre.

En première instance, le député de la 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine avait été reconnu coupable d’avoir utilisé pour 21.545 euros de fonds de l’association d’insertion qu’il présidait à des fins personnelles. Selon le tribunal, l’élu avait utilisé la carte bancaire de l’association pour régler des fast-foods, des achats en grandes surfaces, des hôtels à Paris et à Marrakech pour des vacances avec sa famille. Ses frais de téléphonie étaient aussi réglés par l’association. Financée uniquement par des subventions publiques, l’association a depuis été dissoute.

L’élu reconnaît « des erreurs » mais pas la totalité des faits

Point par point, la cour a réexaminé chacune des dépenses reprochées à Mustapha Laabid. « Je reconnais globalement des erreurs, peut-être même des faits, mais pas dans la totalité de cette longue litanie de ce qui m’est reproché », a déclaré à la barre Mustapha Laabid. « Les enquêteurs n’ont peut-être pas été au bout de leur job qui était de chercher la vérité », a argué l’élu sans parvenir à prouver que les opérations présumées frauduleuses profitaient, comme il l’affirme, aux jeunes en lien avec l’activité de l’association qui animait aussi une équipe de foot.

Si la « plus grande erreur » de cet ancien président d’association « a été de ne pas avoir eu d’expert-comptable », sa position semble avoir « un peu évolué », a noté l’avocat général. « Il semble reconnaître une partie des faits », a concédé le magistrat avant de souligner qu'« il est choquant que des fonds à vocation sociale pour les plus démunis tombent dans la poche de l’intéressé ».