Aide aux migrants : Jugé en appel pour avoir transporté des Érythréennes, un universitaire se dit prêt « à le refaire »

PROCES Pierre-Alain Mannoni avait été interpellé à un péage avec dans sa voiture trois Érythréennes « blessées »

20 Minutes avec AFP

— 

Pierre-Alain Mannoni est poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d'Italie (Archives)
Pierre-Alain Mannoni est poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d'Italie (Archives) — YANN COATSALIOU / AFP

Il estime que son geste est devenu « un symbole », qui « n’était pas condamnable ». L’enseignant-chercheur niçois Pierre-Alain Mannoni, jugé en appel ce mercredi à Lyon pour avoir transporté trois Érythréennes en 2016, s’est dit prêt « évidemment » à le refaire.

« C’est devenu un symbole parce que cela a été poursuivi par les autorités, a-t-il déclaré avant l’audience. J’étais content de montrer l’exemple à ma fille. Je n’arrive pas à imaginer comment j’aurais pu assumer d’abandonner ces jeunes femmes à leurs souffrances physiques et psychologiques. Donc évidemment, je le referais. »

Le « principe de fraternité » sacré

Le 18 octobre 2016, ce père de famille avait été interpellé au péage de La Turbie (Alpes-Maritimes), près de Menton, avec dans sa voiture trois Érythréennes « blessées » venues d’Italie qu’il emmenait depuis un squat à son domicile pour les héberger une nuit avant de les conduire à la gare de Cagnes-sur-Mer pour qu’elles puissent être soignées à Marseille.

Ce nouveau procès nourrit les espoirs des militants de l’aide aux migrants après la reconnaissance du « principe de fraternité » par la Cour constitutionnelle, saisie fin 2018 par Pierre-Alain Mannoni et l’agriculteur de la vallée de La Roya (Alpes-Maritimes) Cédric Herrou, tous deux condamnés pour des faits similaires.

Quelques mois plus tard, la Cour de cassation avait annulé les peines des deux hommes et renvoyé ces affaires devant la cour d’appel de Lyon.