Bouches-du-Rhône : Une société d'intérim espagnole condamnée pour des abus sur des travailleurs agricoles détachés

JUSTICE Une société d’intérim espagnole, qui détachait des travailleurs étrangers dans des exploitations agricoles françaises, a été condamnée

20 Minutes avec AFP

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Dans un tribunal (illustration)
Dans un tribunal (illustration) — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA

La version livrée devant la justice par les ouvriers a été entendue. Une société d’intérim espagnole, Laboral Terra, qui détachait des travailleurs étrangers pour le secteur agricole français, a été condamnée mardi à verser plusieurs milliers d’euros à cinq ex-employés marocains pour diverses irrégularités sur les salaires et le suivi médical.

« Retenues frauduleuses sur salaires, indemnités de congés payés jamais versées », salaires calculés sans respecter le minimum légal, absence de visite médicale, font partie des faits pour lesquels Laboral Terra – aujourd’hui en liquidation judiciaire – a été condamnée, selon le jugement des prud’hommes d’Arles (Bouches-du-Rhône).

« Peut-être qu’un animal était traité mieux que nous »

« Cela vient accréditer ce que disaient les ouvriers, que leurs droits n’étaient pas respectés », a affirmé Me Yann Prevost, avocat de deux des ouvrières, Yasmina Tellal et Karima (qui a préféré que son nom de famille ne soit pas publié). « Peut-être qu’un animal était traité mieux que nous », avait estimé cette dernière lors de l’audience du 16 juin en parlant de son travail pour Laboral Terra dans des exploitations ou sociétés de commerce agricole françaises jusqu’en 2016.

Le juge des prud’hommes a rejeté une « fraude » dans le contrat de détachement en lui-même, mais a souligné que « l’employeur échoue à rapporter la preuve qu’il a payé la salariée en fonction des heures effectuées ». Plusieurs entreprises françaises, utilisatrices de ces travailleurs détachés en Provence, ont été condamnées de manière solidaire pour ces abus, en cas de défaillance de la société espagnole.