Affaire Geneviève Legay : Les ordres de la police étaient « inadaptés » au moment de « la charge », selon l’IGPN

ENQUETE Selon un rapport cité par Mediapart, une autre stratégie « aurait été une manœuvre d’une intensité proportionnelle à la situation »

Fabien Binacchi

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Geneviève Legay, avant la charge des policiers, le 23 mars 2019 à Nice
Geneviève Legay, avant la charge des policiers, le 23 mars 2019 à Nice — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Le 23 mars 2019, une manifestante renversée par un policier était grièvement blessée à Nice.
  • Selon Mediapart, l’IGPN juge que la charge des policiers lancée ce jour-là était disproportionnée.

Les conclusions de la police des polices dans l’affaire Geneviève Legay confirment « la disproportion de la charge » de la police, titre Mediapart ce lundi soir. Selon le pureplayer, l’IGPN juge « inadaptés » les ordres donnés le 23 mars 2019 à Nice au cours d’une manifestation des « gilets jaunes », pendant laquelle cette militante de 73 ans avait lourdement chuté, poussée par un policier.

« Les ordres donnés par le commissaire divisionnaire Souchi », en charge du dispositif ce jour-là, sont « inadaptés », en particulier « lors de la charge […] au cours de laquelle Madame Legay a été poussée », écrit ainsi la police des polices dans un rapport rendu en avril et cité par Mediapart.

Une autre stratégie « proportionnelle à la situation »

L’IGPN précise également qu’une autre stratégie proposée alors par les gendarmes, également sur place le 23 mars 2019, « aurait été une manœuvre d’une intensité proportionnelle à la situation ». Les militaires préconisaient une « vague de refoulement », au cours de laquelle les boucliers sont baissés et la force n’est pas employée.

En juin 2019, Mediapart évoquait déjà un rapport de la gendarmerie faisaient état de consignes « disproportionnées » de la part de la police face à une « foule calme ».

Gravement blessée, victime d’une hémorragie et de plusieurs fractures au crâne, Geneviève Legay n’avait pu regagner son domicile qu’après deux mois d’hospitalisation.

Le procureur de Nice de l’époque mis en cause

Dans cette affaire très médiatique, remontée jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, le procureur de la République de Nice de l’époque a été mis en cause. Jean-Michel Prêtre avait d’abord affirmé que la septuagénaire n’avait « pas été touchée par les forces de sécurité », avant de reconnaître l’inverse quelques jours plus tard.

Le magistrat, depuis muté à Lyon, avait expliqué au Monde qu’il « n’avait pas voulu mettre le chef de l’Etat dans l’embarras avec des divergences trop importantes entre les versions ». Le président Macron avait assuré, dans Nice-Matin, que « cette dame n’a[vait] pas été en contact avec les forces de l’ordre ».

Jean-Michel Prêtre s’est vu également reprocher d’avoir confié les investigations sur la chute de la septuagénaire à la Sûreté départementale, pourtant directement impliquée dans l’opération de maintien de l’ordre lors de la manifestation de mars 2019.