Eric Dupond-Moretti présente ce lundi ses pistes pour réformer l'école de la magistrature

CHANGEMENT Le ministre de la Justice n’a jamais caché son intention de réformer cette école

J.-L.D. avec AFP

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Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice
Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice — Jacques Witt/SIPA

Rendez-vous à 11h, ce lundi, pour connaître la nature des « orientations » pour l’Ecole nationale de la magistrature (ENM). Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti doit dévoiler ce qu’il entend mettre en œuvre pour réformer l’ENM, a révélé ce dimanche son entourage, confirmant une information du ParisienLe garde des Sceaux présentera ces pistes de réforme devant la presse au ministère.

Alors avocat, Eric Dupond-Moretti avait plaidé dans un livre publié en 2018 pour la suppression pure et simple de l’ENM, jugeant cette école « incapable » de former correctement les futurs magistrats. Elle « encaste les jeunes gens dans un moule dont ils ne sortiront jamais », avait-il expliqué.

Tensions accrues ?

Après sa prise de fonctions début juillet, il avait cependant admis qu’il « ne pourrai[t] pas » mener à terme tout ce qu’il « rêverai[t] de faire », citant par exemple la suppression de l’ENM. « Elle est le ferment d’un corporatisme mais ce n’est pas à l’ordre du jour », avait-il expliqué.

Une réforme de l’école risque de tendre un peu plus les relations déjà houleuses entre les magistrats et le garde des Sceaux. Vendredi, les deux principaux syndicats de magistrats se sont ainsi émus de l’ouverture d’une enquête administrative visant trois magistrats du parquet national financier (PNF), après un rapport de l’Inspection générale de la justice qui avait pourtant largement dédouané l’institution.

Le PNF déjà en colère

Le PNF avait été mis en cause pour avoir épluché les relevés téléphoniques détaillés («fadettes ») de ténors du barreau – dont Eric Dupond-Moretti - pour identifier qui aurait pu informer l’ancien président Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute, dans une affaire de corruption.

L’ouverture de cette enquête constitue « une attaque inédite » de l’institution judiciaire et une « tentative de déstabilisation » du PNF, ont estimé dans une lettre ouverte au président de la République l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM).