«Chouette gamin» ou «apprenti-sorcier»? Deux ans avec sursis requis pour un étudiant qui flirtait avec l'islam radical

TERRORISME Originaire du Finistère, le jeune homme avait déclaré vouloir étudier l'Etat islamique et l'islam radical

C.A. avec AFP

— 

Façade de la Cour d'appel de Paris (image d'illustration).
Façade de la Cour d'appel de Paris (image d'illustration). — THOMAS SAMSON / AFP

Edit : Le 18 septembre, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné le jeune homme à deux ans de prison avec sursis. Ce dernier a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs terroriste. Le coaccusé a été condamné à une peine de douze ans de réclusion.

Son avocat William Bourdon le décrit comme « un chouette gamin ». L’avocat général a de son côté estimé qu'il avait «joué à l'apprenti-sorcier». Ce dernier a d’ailleurs requis deux ans d’emprisonnement à l’encontre de cet étudiant de 26 ans originaire de Douarnenez ( Finistère). Jugé depuis mercredi par la cour d’assises spéciale de Paris pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme », cet étudiant en anthropologie avait créé en juillet 2016 un groupe de discussion sur le service de messagerie Telegram. Il y relayait la propagande du groupe Etat islamique, se faisant passer pour un candidat au djihad ou en invitant ses interlocuteurs à se rendre en Syrie.

Aux enquêteurs qui l’avaient interpellé en 2016, il avait déclaré vouloir mener « une ethnographie de l’Etat islamique et de l’islam radical ». « Il aurait pu arrêter à de multiples reprises, mais n’a rien fait », a estimé l’avocat général. Pendant les deux mois où son groupe était actif, le jeune homme avait rencontré physiquement un djihadiste au bois de Boulogne. Il flirtait également avec Rachid Kassim, recruteur français pour le groupe Etat islamique et instigateur présumé des attentats de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et Magnanville (Yvelines).

De son côté, la défense affirme que l’étudiant souffre de « troubles bipolaires ». « La maladie est une part de l’explication mais pas l’unique explication », a insisté l’avocat général. L’accusé avait d’abord bénéficié d’un non-lieu pendant l’instruction avant d’être finalement renvoyé aux assises.

Un Polynésien était prêt à passer à l’acte

L’homme qui était jugé à ses côtés, un Polynésien de 24 ans, que l’étudiant avait rencontré, a vu une peine de douze ans de réclusion criminelle être requise à son encontre. Contrairement à l’étudiant breton, le jeune Tahitien, également sans antécédent judiciaire, s’était déclaré prêt à passer à l’acte. « Je vais faire un acte qui fera sourire Allah », avait-il dit sur la messagerie Telegram.