Sarthe : Le retour à 90 km/h attaqué en justice par la Ligue contre la violence routière

CIRCULATION L'association reproche au conseil départemental de la Sarthe d'avoir décidé de relever la vitesse sur certaines de ses routes

20 Minutes avec AFP

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Rétablissement du 90 Km/h sur la RD 1420 à hauteur de Heligenberg (Bas-Rhin) le 4 mars 2020.
Rétablissement du 90 Km/h sur la RD 1420 à hauteur de Heligenberg (Bas-Rhin) le 4 mars 2020. — G. Varela / 20 Minutes

Le changement est entré en vigueur cet été. La Ligue contre la violence routière de la Sarthe (LCVR72) a déposé un recours devant la justice administrative pour contester la décision du président du conseil départemental d’augmenter la vitesse maximale à 90 km/h sur les routes.

« Cette décision met en danger la vie de nos concitoyens et par là même contrevient au principe constitutionnel de fraternité », écrit l’association dans son recours, envoyé le 2 septembre au tribunal administratif de Nantes, et dont l’AFP a obtenu copie.

« Un encouragement à rouler de plus en plus vite »

La LCVR72 reproche aussi au président du conseil départemental, Dominique Le Mèner (LR), de n’avoir pas suivi l’avis de la commission départementale de sécurité routière. « Celle-ci s’est réunie le 2 juillet et a émis un avis défavorable » au retour aux 90 km/h, selon le recours.

« Par cette décision et sa médiatisation, le président du conseil départemental de la Sarthe a envoyé un message laissant entendre que les limitations de vitesse n’avaient aucune importance et les automobilistes peu scrupuleux ont compris ce message comme un encouragement à rouler de plus en plus vite et à faire n’importe quoi sur la route. Résultat : cinq morts sur les routes sarthoises entre le 3 juillet et le 3 août 2020 », écrit l’association.

Contacté par l’AFP, le conseil départemental n’a pas souhaité faire de commentaire. Dans un courrier adressé à la LCVR72 le 14 août, Dominique Le Mèner précisait que « seulement 406 km de routes sont concernés par cette décision sur 4.275 km ». Selon l’élu, « l’analyse méticuleuse de l’accidentologie » remet « en cause le bien-fondé » de la limitation de vitesse à 80 km/h, car cette mesure ignore « la multiplicité des causes relatives » et considère « l’écart des 10 km/h comme une solution miracle ».

Assouplissement autorisé

Pour la LCVR72, au contraire, « la démonstration scientifique a été faite il y a très longtemps que toute baisse de la vitesse maximale autorisée diminuait la vitesse moyenne constatée et le risque d’accidents, de morts et de blessés ». « La Sarthe n’est pas le seul département concerné par un recours », a précisé Patrick Rogeon, président de l’association sarthoise.

Instauré le 1er juillet 2018, l'abaissement de la limitation de vitesse à 80km/h, mesure décriée dans certains territoires ruraux, a été assoupli en juin 2019 par les députés, en offrant la possibilité aux départements de relever la vitesse maximale à 90 km/h. Un peu plus d’un tiers l’ont fait, en général sur une faible portion de leurs routes.