Nantes : Des « décrocheurs » du portrait de Macron condamnés à des amendes

PROCES « C’est une action qui est symbolique et on a une peine qui ne l’est pas », a regretté leur avocate, ce jeudi

J.U. avec AFP

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Des militants écologistes décrochent un portrait d'Emmanuel Macron dans une mairie en mars 2019. Ici à Saint-Sébastien-sur-Loire, en Loire-Atlantique.
Des militants écologistes décrochent un portrait d'Emmanuel Macron dans une mairie en mars 2019. Ici à Saint-Sébastien-sur-Loire, en Loire-Atlantique. — S. Salom Gomis / SIPA
  • Trois « décrocheurs » d’un portrait d’Emmanuel Macron ont été condamnés ce jeudi à des amendes par le tribunal correctionnel de Nantes.
  • Les militants ont annoncé leur volonté de faire appel de cette décision.

Les faits s’étaient déroulés en mars 2019 dans la mairie d’Ancenis, en Loire-Atlantique. Trois « décrocheurs » d’un portrait d’Emmanuel Macron ont été condamnés ce jeudi à des amendes par le tribunal correctionnel de Nantes. Les prévenus - un père de famille, une professeure de musique en collège et sa fille étudiante en sociologie - entendaient protester contre l’inaction du chef de l’Etat face au changement climatique.

Poursuivis pour « vol en réunion », ils ont chacun été condamnés à 500 euros d’amende. Deux d’entre eux ont par ailleurs été déclarés coupable d’avoir refusé des prélèvements ADN, ce qui leur vaut 300 euros d’amende supplémentaires.

« Une action symbolique, une peine qui ne l’est pas »

Le décrochage du portrait du président de la République à Ancenis « s’inscrit dans une campagne nationale organisée par le mouvement ANV (Action Non-Violente) COP21 », avait expliqué l’un des prévenus lors de l’audience. L’absence de portrait laissait « un vide sur le mur » symbolisant, selon lui, « l’inaction climatique du gouvernement par rapport aux engagements qui avaient été pris lors de la COP21 à Paris en 2015 ». « C’est une action qui est symbolique et on a une peine qui ne l’est pas », a regretté Clémentine Danet, avocate des décrocheurs, qui vont faire appel de la décision.

« La disproportion de la réponse policière et judiciaire me révolte et renforce ma détermination à lutter pour la justice sociale et climatique », a déclaré l’une des décrocheuses, Laurine Guyard, dans un communiqué diffusé à l’issue de la décision des juges qui ont suivi les réquisitions du parquet.

Déjà 150 portraits décrochés

« Ce qui détonne, entre le montant de l’amende et les faits, c’est que d’emblée les faits ont été revendiqués (…) à tel point qu’on peut se demander ce qu’il y aurait eu comme sanction s’ils n’avaient pas eu une posture aussi non-violente et paisible », a souligné un de ses avocats, Me Antoine Laplane.

Selon ANV-COP21, quelque 150 portraits ont été décrochés en France pendant un an, entre février 2019 et le printemps 2020.