Antibiotiques contre l’autisme : Le parquet de Paris ouvre une enquête après la saisine de l’Agence du médicament

SANTÉ Le pôle santé publique du parquet a ouvert cette enquête le 11 septembre

20 Minutes avec AFP
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Le 24 juillet 2018, à Paris (17e). La façade du palais de justice de Paris.
Le 24 juillet 2018, à Paris (17e). La façade du palais de justice de Paris. — Clément Follain / 20 Minutes

La réponse judiciaire n’aura pas traîné. Saisi cet été par l’Agence du médicament (ANSM) du cas de médecins prescrivant à des enfants autistes des antibiotiques ou des substances censées éliminer les métaux lourds, le parquet de Paris a ouvert une enquête, a appris l’AFP.

Le pôle santé publique du parquet a ouvert cette enquête le 11 septembre pour « mise en danger de la personne d’autrui » et « infractions tenant à la réalisation de recherches impliquant la personne humaine », selon une source judiciaire.

Une pratique formellement déconseillée

Mardi 15 septembre, l’Agence du médicament (ANSM) avait annoncé avoir saisi le procureur de la République pour lui signaler cette pratique médicale douteuse. « Alertée sur la prescription par certains médecins de médicaments en dehors de leurs autorisations de mise sur le marché pour traiter des enfants atteints d’autisme », l’ANSM « déconseille formellement ces utilisations pour lesquelles ces médicaments n’ont fait aucune preuve de leur efficacité et qui exposent ces enfants à des risques, en particulier lors d’une utilisation prolongée », précise-t-elle dans un communiqué.

Les pratiques incriminées concernent la prescription « sur de longues durées (plusieurs mois) » de « médicaments anti-infectieux » (antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires, antiviraux) et de « chélateurs de métaux lourds », des substances naturelles ou chimiques censées éliminer les métaux lourds de l’organisme, dont l’utilisation n’est recommandée qu’en cas d’intoxication avérée, détaille l’ANSM.

Des effets indésirables

Informée via sa procédure de lancement d’alerte, l’agence a recueilli notamment des ordonnances qui font état de ces prescriptions. Elle explique avoir « informé le procureur de la République de ces pratiques de prescriptions dangereuses », mais aussi les Ordres des médecins et des pharmaciens, responsables du respect des règles de déontologie par leurs membres, ainsi que la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM).

« Les anti-infectieux présentent des risques de survenue d’effets indésirables en particulier lors d’une exposition au long cours. Ils peuvent se caractériser, outre les effets digestifs, par des troubles cardiovasculaires, cutanés, ainsi que par d’autres troubles spécifiques à chaque antibiotique utilisé », rappelle l’ANSM. Par ailleurs, « l’utilisation d’antibiotiques sur une durée longue va contribuer à l’émergence d’une antibiorésistance qui diminuera l’efficacité du traitement en cas d’infection avérée », ajoute-t-elle.