Lyon : Le blogueur Bassem Braiki, jugé pour des « propos homophobes », risque la prison

HOMOPHOBIE Le blogueur de Vénissieux Bassem Braiki comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour des propos d’une grande violence visant la communauté homosexuelle

Elisa Frisullo

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Bassem Braiki.
Bassem Braiki. — Chronic 2 Bass
  • Le blogueur de Vénissieux Bassem Braiki a été jugé mardi à Lyon pour des propos homophobes.
  • En août 2018, l’homme, bien connu de la justice, avait notamment déclaré : « Les homosexuels, il faut vous soigner (…) Tu prends un Efferalgan, tu mélanges avec du cyanure, puis ça va vous soigner ».

A la barre du tribunal correctionnel  de Lyon,le blogueur de Vénissieux a fait une sorte de mea culpa, assurant selon Le Parisien « avoir grandi » et « ne vouloir aucun mal à la communauté gay ». Mais ses regrets, sincères ou non, seront-ils suffisants pour lui éviter une nouvelle peine de prison ?

Mardi, huit mois de prison et 5.000 euros d’amende ont été requis à l’encontre de Bassem Braiki poursuivi pour s’en être violemment pris à la communauté homosexuelle lors d’une vidéo diffusée sur Snapchat le 28 août 2018, en réaction aux propos polémiques du pape sur l’homosexualité et la psychiatrie.

Trois associations parties civiles

A l’époque, le blogueur de Vénissieux, suivi par des dizaines de milliers d’abonnés, avait notamment déclaré : « Les homosexuels, il faut vous soigner. Faut qu’on vous soigne, et moi j’ai la solution pour qu’on vous soigne. Tu prends un Efferalgan, tu mélanges avec du cyanure, puis ça va vous soigner (…). Faut éradiquer ce phénomène… » A la suite de ses propos, trois associations de lutte contre l’homophobie, dont SOS Homophobie et l’Amicale du refuge, avaient porté plainte contre le blogueur de Vénissieux, réputé sur la toile mais aussi bien connu de la justice.

En 2016, notamment, l’homme a été condamné à cinq mois de prison ferme à Lyon pour outrages et menaces à l’encontre d’un policier puis à six mois ferme pour des violences sur une personne handicapée.

Mis en cause également pour des délits routiers, des propos racistes et misogynes, le blogueur a également fait parler de lui il y a quelques mois pour ses embrouilles avec le rappeur parisien Sadek. Ce dernier, suspecté d’avoir organisé une expédition punitive à Vénissieux et d’avoir passé à tabac Bassem Braiki, a été interpellé et placé en détention provisoire (et libéré depuis) en février.

Face au blogueur, le procureur de la République n’a semble-t-il pas été convaincu par les regrets exprimés à la barre. « Bassem Braiki illustre le côté noir d’Internet, quand on a autant d’abonnés, on a des responsabilités (…) C’est un individu violent et non l’individu sympathique sous les traits duquel il veut bien se présenter », a déclaré le représentant du parquet cité par Le Parisien. Le jugement doit être rendu le 20 octobre.