Sarthe : Un homme condamné pour avoir séquestré et privé de nourriture sa compagne

JUSTICE Un homme a reçu une peine de cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, lundi par le tribunal du Mans

20 Minutes avec AFP

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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA
  • Pendant plusieurs mois, un homme a imposé à sa compagne de devoir vivre dans le grenier sans manger.
  • Ce père de famille et sa « seconde épouse », qui avait aussi un rôle de surveillante, ont été condamnés lundi par le tribunal du Mans.

Il y a quelques années, il avait imposé à sa compagne de devoir vivre plusieurs mois enfermée dans le grenier, privée de nourriture. Lundi, au Mans, un homme a été condamné à cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, pour l’avoir séquestrée et lui avoir infligé des actes de violence. « La durée de la famine a été longue. J’avais même pas le droit à du pain, rien ! », a déclaré lundi à la barre la victime, âgée de 46 ans. Elle s’était mariée en 2003 avec le prévenu, Mohammed O., avec lequel elle a eu quatre enfants.

Rapidement, il l’a coupé de ses attaches sociales et familiales, le couple habitant à Saint-Calais dans la campagne sarthoise. En 2014, cette mère de famille a une crise de panique à la sortie de l’école. Transportée à l’hôpital du Mans, elle dénonce des viols et des violences de la part de son époux, puis entame une procédure de divorce, avant de revenir au domicile et de retirer sa plainte.

Un enfant lui montait du pain

Pendant plusieurs mois, la victime doit vivre dans le grenier – alors que son époux dort avec sa nouvelle compagne dans la chambre – et est privée de nourriture. « Il y avait un cadenas sur la porte de la cuisine pour qu’elle ne puisse pas accéder aux denrées alimentaires », rapporte la présidente du tribunal Monique Legrand. Un enfant du couple a expliqué aux enquêteurs qu’il lui arrivait de monter du pain dans le grenier pour éviter que sa mère ne soit obligée de faire les poubelles.

La victime a pu jeter des petits mots par la fenêtre et l’un d’eux a été retrouvé par un voisin en juillet 2016. Mais ce n’est finalement qu’une intervention des gendarmes en novembre qui a mis fin à son calvaire. « Ils m’ont sauvée », a-t-elle dit.

La « seconde épouse », qui avait aussi un rôle de surveillante, a, quant à elle, été condamnée à dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis, selon le verdict rendu lundi.