Tahiti : Un enseignant condamné pour avoir infligé des sévices physiques et psychologiques à ses élèves pendant 30 ans

ÉCOLE Malgré plusieurs signalements, l’enseignant n’a jamais été inquiété pendant sa carrière

20 Minutes avec agence

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Une école à Rennes (illustration).
Une école à Rennes (illustration). — Mathieu Pattier/SIPA

Ce mardi, un professeur​ des écoles à la retraite de Faaa ( Tahiti) a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Il a été jugé pour avoir commis des sévices physiques et psychologiques sur des élèves tout au long de sa carrière, rapporte le média local  La Première, relayé par CNews.

Il était notamment accusé d’avoir craché et pété dans la bouche d’élèves de CM1 mais aussi de les appeler par des surnoms humiliants, de les mettre à genoux en classe ou encore de les forcer à se battre entre eux. En plus de cela, il lui était reproché des faits d’escroquerie : il a revendu du matériel scolaire et des affaires de sports aux parents alors que ceux-ci étaient normalement mis à disposition gratuitement.

« L’administration a été défaillante pendant trente ans »

Pour ne pas être dénoncé par ses victimes, le professeur avait une petite combine. « Il nous donnait 100 francs pacifiques (l’équivalent actuel de 83 centimes d’euros, ndlr) pour qu’on ne raconte pas ce qui se passait en classe », a raconté l’une de ses anciennes élèves.

Plusieurs signalements ont pourtant été faits, l’un en 1993 et l’autre en 2003. Mais l’enseignant n’a écopé que de deux avertissements à chaque fois, avant d’être muté dans une autre école. Finalement, une ancienne élève a posté un message sur Facebook qui « déclenchera enfin un tsunami », a expliqué l’avocat de l’école avant d’ajouter : « L’administration a été défaillante pendant trente ans […] M.R. (le professeur, ndlr) n’aura rien eu jusqu’en 2019, année où il est parti à la retraite, sans jamais avoir été révoqué de la fonction publique ».

De son côté, le mis en cause a assuré que ces accusations étaient une « vengeance » de parents d’élèves et un « coup monté » du directeur de l’école. Des arguments qui n’ont pas convaincu les magistrats puisqu’il a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, ainsi qu’à l’interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs. Enfin, le directeur de l’école a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. Les 21 anciens élèves qui se sont constitués partie civile recevront 300.000 francs pacifiques chacun, soit environ 2.500 euros.