Carcassonne : Vingt-sept ans de prison pour le meurtre « sauvage » de sa compagne en 2017

FEMINICIDE Maurice Patrac a été reconnu coupable du meurtre de Natasha, sa compagne de longue date, lui faisant subir « une interminable agonie »

20 Minutes avec AFP

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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

La cour d’assises de l’Aude a condamné vendredi Maurice Patrac à vingt-sept ans de réclusion criminelle pour le meurtre en juillet 2017 de sa compagne Natacha, à qui il a fait subir une « interminable agonie » après des années d’emprise et d'« enfer domestique ». L’avocate générale, Florence Galtier, avait requis la perpétuité contre ce père de famille de 38 ans, « véritable danger pour la société ». Son neveu Steven Patrac, jugé pour « abstention volontaire d’empêcher un crime », a lui écopé de quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis probatoire mais sans mandat de dépôt. Des peines jugées « satisfaisante » par l’un des avocats des parties civiles, Me Franck Alberti.

L’avocat de Maurice Patrac, Me David Lanes avait plaidé la requalification du meurtre en « homicide involontaire » et l’avocat de Steven, Me Victor Font, avait demandé l’acquittement. Natacha, en couple avec Maurice Patrac depuis dix-huit ans et mère de six enfants, dont quatre avec lui - tous placés au moment des faits –, vivait « un enfer domestique depuis des années, une situation d’emprise et de dépendance », avait affirmé Florence Galtier. Sur fond d’alcoolisation chronique et de misère sociale, l’accusé a été décrit pendant le procès comme en proie à une « jalousie paranoïaque ». Il avait déjà été condamné pour violence conjugale et violence sur une mineure de moins de 15 ans, fille de sa compagne.

Battue à mort

La veille du meurtre, le 20 juillet 2017, Natacha était sortie acheter des médicaments. Ne la voyant pas rentrer, Maurice Patrac se met en fureur contre celle qu’il considère comme « son objet », selon l’avocate générale, se lançant à sa recherche, conduit par Steven, avec la compagne, mineure, de ce dernier. Il la retrouve près de Carcassonne peu avant minuit, l’embarque dans la voiture et la conduit dans un champ pour la frapper. De retour au domicile à Alzonne (Aude), il continue à la battre, à mort. Maurice Patrac sera arrêté dans la matinée chez lui par les gendarmes, alertés par sa soeur.

« Après une interminable agonie », cette mère de famille de 38 ans « s’est éteinte dans une mare de sang », tuée à coups de pierres et « avec une matraque cloutée digne du Moyen-Âge », a lancé l’avocate générale, soulignant chez Maurice Patrac « non seulement la volonté de tuer, mais celle de faire souffrir ». Ce meurtre est, selon le parquet, « le paroxysme de quelque chose qui dure depuis des années ».

Pour l’avocat Me David Lanes, l’intention de l’accusé était « de faire peur, de donner une correction, pas de tuer ». « Vouloir faire de ce procès un exemple, c’est dire que Maurice Patrac avait tous les outils » pour ne pas en arriver là, a-t-il dit, rappelant le « conditionnement familial qui fait ce qu’il est aujourd’hui », parents alcooliques, père violent. Depuis le début de l’année, au moins 47 féminicides se sont produits. En 2019, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex, 25 de plus qu’en 2018, selon les derniers chiffres officiels.