Lyon : Rodéos urbains, tirs de mortiers, insécurité…. Une action collective en justice lancée contre l’Etat pour faire cesser les débordements

NUISANCES NOCTURNES Cette action fait suite à celle lancée en septembre 2019 contre le maire de Lyon mais vise cette fois le préfet du Rhône

Caroline Girardon

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Des habitants de Lyon, excédés par les nuisances sonores et l'insécurité, ont lancé une action collective en justice contre l'Etat.
Des habitants de Lyon, excédés par les nuisances sonores et l'insécurité, ont lancé une action collective en justice contre l'Etat. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Excédés par les nuisances sonores et l'insécurité régnant dans plusieurs quartiers de Lyon, les riverains saisissent la justice.
  • Une action collective en justice a été lancée ce mercredi par leur avocat. 
  • Les habitants concernés ont jusqu'au 22 septembre pour s'inscrire.

Des tirs de mortiers, des rodéos urbains à scooter ou à moto, des bruits de klaxons à n’en plus finir, des feux d’artifice improvisés, des voitures incendiées…. L’été a viré au cauchemar pour de nombreux habitants de Lyon et Villeurbanne tant les épisodes de nuisances nocturnes se sont enchaînés. Si la presqu’île de Lyon était le principal théâtre de ces débordements l’an dernier, les nuisances et l’insécurité ont, depuis, gagné du terrain, touchant d’autres quartiers de la ville : les quais de Saône et le Vieux-Lyon, Gerland, le bas des pentes de la Croix-Rousse, la Guillotière, la Duchère. Mais aussi le Tonkin et les Charpennes dans la commune voisine, Villeurbanne.

Résultat : l’exaspération est à son comble. A la demande des riverains, une action en justice collective a été lancée ce mercredi par l’avocat Edouard Raffin, défenseur du collectif Lyon Presqu’île en colère, afin d’attaquer l’Etat en la personne du préfet du Rhône et d’obtenir des « solutions complémentaires » au contentieux. Ceux qui souhaiteraient s’y joindre ont jusqu’à au 22 septembre pour s’inscrire sur la plateforme V pour Verdict, chargée de rassembler tous les dossiers pour l’avocat.

« Eviter que cela tourne au vinaigre »

« Cette action vient compléter celle que nous avions engagée en septembre 2019, explique Edouard Raffin. A l’époque, cela ne concernait que les habitants de la presqu’île qui attaquaient le maire de Lyon. La phase à l’amiable n’a pas donné de suite et nous avons déposé, en janvier devant le tribunal administratif, un recours au contentieux qui est en cours. Cette fois, le périmètre de l’action est élargi puisqu’il concerne toute la ville. Et nous visons le préfet ».

« C’est l’hystérie depuis le Covid et la phase de déconfinement. Ce que nous observons depuis des mois dépasse le seuil normal de ce que l’on peut tolérer dans un centre urbain », poursuit l’avocat. Et d’enfoncer le clou : « Il faut que tous les acteurs, qui ont des pouvoirs de police, s’en occupent. Les riverains sont tellement à bout qu’ils envisagent de créer des milices et des patrouilles pour pallier les carences de l’Etat. L’inquiétude augmente, les tensions aussi. C’est une procédure parapluie pour éviter que cela tourne au vinaigre ».

« Le problème est que les autorités réagissent comme si ces nuisances étaient normales puisque déjà connues. Si on ne les attaque pas, ils ne feront rien de plus même si on ne nie pas que le phénomène est complexe à enrayer », conclut Edouard Raffin qui exige d’augmenter et d’affecter des effectifs supplémentaires de police nationale dans le Rhône.