Marseille : Une habitante fait condamner l’Etat pour son inaction face aux rodéos urbains

JUSTICE Une femme se plaignait depuis 2012 des nuisances sonores dans son quartier

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un rodéo urbain.
Illustration d'un rodéo urbain. — HADJ/SIPA

Elle dénonce depuis 2012 l’inaction des pouvoirs publics face aux rodéos urbains à Marseille. Une habitante d’un quartier défavorisé de la cité phocéenne vient d’obtenir gain de cause avec la condamnation de l’Etat qui devra lui verser 10.000 euros. Dans ce jugement, daté du 3 août et révélé par la presse locale, le tribunal administratif de Marseille estime que « le préfet de police des Bouches-du-Rhône a pris des mesures insuffisantes pour restaurer la tranquillité publique » dans le quartier de la plaignante, Le Verduron (15e arrondissement), l’un des plus pauvres de la ville.

Le tribunal, soulignant une « faute de la part de l’Etat », reconnaît que cette habitante « a subi des nuisances sonores à raison de plusieurs jours par semaine depuis au moins 2012 ». La préfecture de police avait indiqué dans des courriers, adressés à un collectif de riverains dont la plaignante est un membre actif, avoir procédé à des actions de sensibilisation, des rondes, des contrôles ainsi qu’à la saisie d’une motocyclette en 2012.

Des interpellations dangereuses selon la préfecture

Elle soulignait aussi avoir procédé à une interpellation en 2017 « tout en rappelant la dangerosité » de ces dernières « pour les personnes directement concernées, les agents de police et les passants », rappelle le tribunal. Mais ces lettres « ne sont pas de nature à établir, par leur caractère très général, que l’action des services de police aurait été adaptée à l’ampleur des nuisances sonores subies par les riverains », souligne la justice.

Elle condamne en conséquence l’Etat à verser 10.000 euros à la plaignante, « augmentée des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable reçue le 2 octobre 2017 ». Contactée, la préfecture de police n’était pas joignable dans l’immédiat pour commenter cette décision.