Gironde : Peine de prison pour l'homme qui a violemment agressé le maire d’un petit village

JUSTICE Cet homme, interpellé mardi, a écopé de douze mois de prison dont six avec sursis pour avoir agressé le maire de Saint-Philippe d’Aiguille, venu faire cesser un tapage nocturne sur la place du village

20 Minutes avec AFP

— 

La mairie de Saint-Philippe d’Aiguille
La mairie de Saint-Philippe d’Aiguille — Capture écran / Google Maps
  • Un homme de 26 ans a été condamné ce vendredi pour l’agression violente du maire de Saint-Philippe d’Aiguille, survenue le 4 août.
  • Le maire avait voulu faire cesser un tapage nocturne et s’était retrouvé à l’hôpital.
  • Philippe Bécheau juge la peine de son agresseur – douze mois de prison dont six avec sursis – « juste et proportionnée ».

Les choses n’ont pas traîné. Un homme de 26 ans a été jugé ce vendredi en comparution immédiate dans le cadre de l'agression du maire de petit village de Saint-Philippe d'Aiguille (418 âmes), en Gironde, survenue le 4 août. Le tribunal correctionnel de Libourne l’a condamné à douze mois de prison dont six assortis d’un sursis probatoire. Il n’a pas prononcé de mandat de dépôt et la peine est donc susceptible de faire l’objet d’un aménagement.

Le jeune père de famille, issu de la communauté des gens du voyage et « pas spécialement » connu de la justice selon le parquet de Libourne, s’était présenté de lui-même à la gendarmerie alors que les enquêteurs resserraient leurs filets grâce aux effets personnels laissés sur les lieux. Il avait été placé en garde à vue mardi soir.

« Le plus important, c’est de gérer les causes »

Le soir des faits, vers 22h30, Philippe Bécheau était intervenu auprès d’un groupe qui poussait trop fort le volume de la musique sur la place du village. Il s’était retrouvé face à des gens alcoolisés et agressifs, avait chuté en s’en allant sous la pression et avait été frappé par un homme.

A l’audience, le prévenu s’est « retranché derrière une amnésie imputable à une alcoolisation massive » le soir des faits, regrette le parquet. Sa victime, qui a confié avec émotion à quel point cette agression l’avait « secoué », qualifie la peine de « juste et proportionnée », car selon lui « ils ne vont pas lâcher » son agresseur, entre obligation de soins et sursis probatoire.

« Aujourd’hui la justice a géré les conséquences d’une agression, estime-t-il. Mais le plus important c’est d’en gérer les causes, il faut qu’on trouve des moyens, avec l’éducation à l’école, les parents, l’instruction civique… Si on ne s’attaque pas aux causes, cela ne va pas s’arrêter ».

233 élus ont subi un acte de violence en 2020

Cette nouvelle agression d’un édile avait suscité une vive émotion et suscité la condamnation ferme des faits par le Premier ministre Jean Castex, et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Un autre maire, de la Manche, a été agressé peu après. A cette occasion l’Association des maires de France (AMF) avait indiqué que « 233 élus ont déjà subi un acte de violence en 2020 », déplorant que la « réponse pénale » ne soit pas au rendez-vous.