Affaire Carlos Ghosn: L’ancien patron parle d’un « obstacle technique » à son audition par la justice française

CAVALE Le Japon ayant émis un mandat d’arrêt international contre lui, il n’est pas en possession de son passeport qui est entre les mains de la justice libanaise

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn à Beyrouth le 8 janvier 2020.
Carlos Ghosn à Beyrouth le 8 janvier 2020. — Maya Alleruzzo/AP/SIPA

Carlos Ghosn ne veut pas avoir affaire à la justice sur le sol français. Installé au Liban depuis sa fuite du Japon et accusé de malversations financières, il devait pourtant être entendu le 13 juillet par un juge d’instruction à Nanterre. Pour se justifier, l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan a évoqué un « obstacle technique » à son audition, dans une interview lundi au quotidien Le Parisien.

Carlos Ghosn redoute de traverser plusieurs pays

« Mon passeport est entre les mains du procureur général au Liban, car le Japon a émis un mandat d’arrêt international me concernant. Je souhaite aussi avoir la certitude que ma sécurité est assurée et que l’on me garantit une liberté de circulation », a expliqué Carlos Ghosn, précisant que pour se rendre en France il doit « traverser d’autres pays ». « Personne ne peut m’assurer que le voyage sera sans interruption, sans accident. Le juge pourrait par exemple me faire interroger à Beyrouth où je suis prêt à répondre à toutes ses questions », a assuré l’ancien magnat de l’automobile.

« Je n’ai pas fait l’ENA »

Interrogé sur ce qu’il attendait de la France, Carlos Ghosn a répondu qu’il n’était « pas naïf… ». « Je n’ai pas fait l’ENA, je n’ai pas les connexions habituelles du patronat français, je n’appartiens pas à l’establishment. Le microcosme ne me considérait pas à juste titre comme faisant partie des siens », a-t-il détaillé. « J’aimerais que l’on m’explique, si j’étais mauvais, pourquoi on a renouvelé mon contrat en juin 2018, soit quelques mois seulement avant mon arrestation au Japon ? Le Conseil d’administration où siègent deux représentants de l’Etat m’a demandé dans son ensemble de rester quatre ans de plus. Ils connaissaient tout de moi : ma stratégie, mon management, ma personnalité », a-t-il observé.

Depuis qu’il est au Liban, Carlos Ghosn se pose en victime d’un « coup monté » et a assuré ne pas avoir eu « d’autres choix » que de fuir une justice « partiale ». Début juillet, un tribunal d’Istanbul a commencé à juger sept ressortissants turcs accusés de l’avoir aidé dans sa fuite. Selon l’acte d’accusation, il était dissimulé pendant le trajet dans un volumineux caisson pour instrument de musique dans lequel des trous avaient été percés afin de permettre au fugitif de respirer.