Bretagne : Doux condamné à rembourser 80 millions d’euros d’aides publiques

POULETS TRICHEURS Le groupe a été racheté en 2018 par un consortium après sa liquidation judiciaire

C.A. avec AFP
Un poulet soulevé par un salarié du volailler Doux. Ici lors d'une manifestation devant le tribunal de Quimper en 2012.
Un poulet soulevé par un salarié du volailler Doux. Ici lors d'une manifestation devant le tribunal de Quimper en 2012. — Fred Tanneau / AFP

Le poulet congelé a pris un coup de froid ce vendredi. Le groupe volailler Doux a été condamné par la cour administrative d’appel de Nantes à rembourser près de 80 millions d’euros d'aides européennes à l'exportation indûment perçues. Placé en liquidation judiciaire, le groupe agroalimentaire breton avait été racheté par un consortium en 2018.

Selon la cour, le volailler devra rembourser les aides indûment perçues entre 2010 et 2013 pour ses opérations d’exportation de poulets congelés. Le groupe touchait 400 euros par tonne de poulets congelés exportés. Une aubaine pour celui qui était alors le premier exportateur européen, dont l’essentiel de la production était expédié au Moyen-Orient.

« Respecter les mêmes règles »

L’affaire a tenu bon jusqu’en 2012 et 2013, quand des services douaniers ont révélé la trop grande teneur en eau des poulets de Doux. « Les exportations hors de l’Union européenne de poulets congelés doivent, pour être admises au bénéfice des restitutions à l’exportation, respecter les mêmes règles de teneur en eau, soit de qualité saine, loyale et marchande, que celles qui sont exigées pour les ventes sur le territoire de l’Union européenne », écrit la juridiction dans son communiqué. « Tout le monde a baissé la tête, sans vouloir regarder », dénonçait la leader syndicale Nadine Hourmant.

Le groupe Doux a accusé en 2017 une perte de 36 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros. Le volailler breton, qui produisait quatre poulets par seconde et 22.000 œufs par heure, n’a quasiment jamais gagné d’argent depuis sa création en 1955, si on exclut les subventions européennes à l’exportation qu’il touchait jusqu’en 2013. Placé en liquidation judiciaire, il a été repris en 2018 par un consortium emmené par le leader de la volaille LDC, avec la coopérative Terrena et le saoudien Al-Munajem.