Morbihan : Un gérant de discothèque interpellé pour avoir ouvert sa boîte de nuit

JUSTICE A Quéven, des noctambules ont dansé au Paradisio pendant trois nuits

C.A. avec AFP

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Illustration d'une discothèque.
Illustration d'une discothèque. — M.Libert / 20 Minutes

Il a osé ouvrir son « Paradisio ». Dans la nuit de dimanche à lundi, le gérant de cette discothèque du Morbihan a été interpellé après avoir ouvert son établissement de nuit. Il sera convoqué devant le tribunal correctionnel en février et a écopé d’une fermeture administrative de six mois pour avoir ouvert son établissement trois nuits consécutives le week-end dernier malgré l’interdiction, a-t-on appris lundi de sources judiciaire et préfectorale.

Alors que la levée de l’état d’urgence sanitaire était officielle à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, Éric Moro a ouvert juste après minuit « Le Paradisio », situé à Quéven, près de Lorient, malgré l’interdiction toujours en vigueur pour les boîtes de nuit. Il l’a fait avec la volonté de « faire bouger les choses » face au maintien de la fermeture de ce type d’établissements, tout en sachant que « j’allais au clash », a-t-il expliqué.

« Mort pour mort, autant partir dans la gloire »

Un arrêté de fermeture administrative pour une durée de six mois lui a été notifié dimanche. Mais le gérant a ouvert à nouveau dans la nuit de dimanche à lundi et la gendarmerie est intervenue et l’a placé en garde à vue lundi, vers 3 h du matin alors que les danseurs étaient encore nombreux.

Mis en examen pour « ouverture d’un débit de boissons malgré une décision administrative de fermeture », Éric Moro est convoqué devant le tribunal correctionnel en février prochain. Selon le parquet, le gérant risque deux mois de prison, 3.750 euros d’amende mais aussi la fermeture judiciaire de son établissement ainsi qu’une interdiction d’exercer son activité. « Mort pour mort, autant partir dans la gloire. Entre l’Urssaf, les loyers et les autres charges, je dois 150.000 euros », explique Éric Moro qui fait travailler six personnes.

Des gérants de discothèques en Normandie ont manifesté dimanche à Paris, à proximité du ministère de la Santé, pour protester contre la persistance de la fermeture de leurs établissements depuis le début de la crise sanitaire, à la mi-mars. Le Conseil d’Etat a estimé lundi que la fermeture prolongée des discothèques n’était pas « disproportionnée », rejetant un recours de celles-ci pour rouvrir leurs portes, ne serait-ce qu’en proposant un service de bar.