Saint-Malo : Un expert nommé pour mesurer les rejets de l’usine Timac Agro

POLLUTION Propriété du groupe Roullier, l’usine fabriquant des farines animales et des engrais est accusée de polluer l’air de la cité corsaire

J.G. avec AFP

— 

L'usine Timac Agro du groupe Roullier, ici sur le port de Saint-Malo.
L'usine Timac Agro du groupe Roullier, ici sur le port de Saint-Malo. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le tribunal administratif de Saint-Malo a nommé ce jeudi un expert indépendant qui sera chargé d’analyser les rejets de la Timac Agro.
  • L’usine du groupe Roullier, située sur le port, est accusée par des riverains de polluer l’air dans la cité corsaire.

A Saint-Malo, la Timac Agro sera désormais sous surveillance. Le tribunal de la ville a ordonné ce jeudi une expertise sur les « nuisances olfactives » et les rejets de l’usine d’engrais et de nutrition animale qui sont dénoncés depuis plusieurs mois par des habitants et une association locale. Dans sa décision, le juge des référés estime qu’il existe un « motif légitime » à ordonner cette expertise en raison des « contradictions entre les nombreuses attestations, les constats, les mesures effectuées » par la société Timac et « les nombreux articles de presse » et le rapport final de l’organisme de surveillance de la qualité de l’air Air Breizh.

L’experte parisienne désignée par le tribunal devra notamment « dire si les nuisances olfactives et les rejets dépassent les troubles normaux de voisinage et décrire et chiffrer les travaux nécessaires pour assurer la conformité réglementaire et le risque sanitaire maîtrisé et faire baisser les nuisances olfactives et les rejets d’ammoniac. L’experte, dont le rapport est attendu dans un délai de neuf mois, ne pourra en revanche pas se faire communiquer de documents sur les « procédés de fabrication ou de production » de l’usine ou sur les « descriptifs des composants utilisés et des produits fabriqués ».

Les riverains de l’usine crient victoire

« C’est gagné. Nous avons la désignation d’un expert près de la Cour d’appel de Paris. C’est ce qu’on attendait », s’est félicitée Virginie Le Roy, avocate de douze habitants malouins, parmi lesquels des membres de l’association Osons ! Selon elle, cette « décision symbolique » a été rendue en présence de plusieurs de ces habitants qui avaient assigné Timac Agro en référé civil pour « troubles anormaux de voisinage ». L’un des deux sites incriminés, installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), est situé sur le quai intérieur du port de Saint-Malo, non loin de la vieille ville.

Interrogé, Alain Guillard, porte-parole d’Osons !, avait évoqué « une pollution de l’air, des odeurs, des particules de couleur verte et des poussières qui montrent que le processus de fabrication n’est pas maîtrisé ». Le militant associatif avait affirmé que « pendant le confinement, des riverains (n’avaient) même pas pu ouvrir leur fenêtre », faisant état de maux de tête et de problèmes respiratoires chez les riverains.