Montpellier : Le parquet fait appel après la relaxe des ex-propriétaires de l'infirmière forcée de déménager

JUSTICE Des peines d’un à trois mois de prison avec sursis avaient été requises contre le couple

N.B.

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Au tribunal correctionnel de Montpellier (illustration)
Au tribunal correctionnel de Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse

Lundi après-midi, les propriétaires du logement, qu’une infirmière de l’Hérault avait indiqué avoir été obligée de quitter à cause de son métier, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Montpellier. Le parquet va faire appel de ce jugement, a appris 20 Minutes ce mercredi auprès du procureur de la République.

Le couple, une femme de 76 ans et un homme de 80 ans, contre lesquels des peines d’un à trois mois de prison avec sursis avaient été requises, a simplement été condamné à 50 euros d’amende avec sursis pour « dégradation » légère d’un bien.

Les propriétaires nient tout lien avec le métier de l’infirmière

Cette affaire avait éclaté au plus fort de la pandémie de Covid-19, au début du mois d’avril. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Montpellier, et les propriétaires de ce logement avaient été placés en garde à vue. Devant le tribunal, lundi, si les prévenus ont reconnu un conflit avec leur locataire, notamment autour du nombre de personnes occupant le logement, ils ont nié toute relation avec le métier de leur locataire.

« Au départ, c’était dirigé contre ma mère et ma fille », a expliqué lundi à la barre cette infirmière anesthésiste du CHU de Montpellier, en évoquant une altercation initiale, le 23 mars, entre sa mère et la propriétaire, à propos de la présence d’un chien et du nombre d’occupants du logement situé à Montarnaud, au nord de Montpellier. « Il m’a fallu aller déménager en plein confinement, en pleine nuit », a-t-elle expliqué, affirmant avoir « accumulé de la fatigue » alors qu’elle était très sollicitée en raison de la crise.

Jean-Christophe Legros, l’avocat des propriétaires, s’est dit lundi satisfait de la relaxe, dénonçant un « emballement médiatique et judiciaire » et « une information déformée ».