Affaire des « écoutes » : Belloubet diligente une enquête… sur l’enquête du parquet financier

JUSTICE Cette inspection doit permettre de déterminer « l’étendue et la proportionnalité des investigations » effectuées par le Parquet national financier dans l’affaire dite « des écoutes »

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, à la sortie du conseil des ministres du 3 juin 2020 (photo d'illustration)
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, à la sortie du conseil des ministres du 3 juin 2020 (photo d'illustration) — Eliot Blondet-pool/SIPA

Vendredi dernier, la Garde des Sceaux demandait à Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, « un rapport circonstancié sur la nature précise » de l’enquête du Parquet national financier (PNF), qui visait à identifier une taupe dans l’affaire dite des « écoutes ». Un dossier qui remonte à février 2014, lorsque le parquet a voulu passer au crible les factures téléphoniques de dizaines de magistrats et ténors du barreau pour trouver celui qui aurait pu informer Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoutes dans une affaire de corruption.

Après avoir reçu les conclusions de ce rapport mardi, « Nicole Belloubet a demandé à l’Inspection générale de la justice de conduire une inspection de fonctionnement sur cette enquête », a indiqué un communiqué du ministère. « Cette inspection permettra de déterminer l’étendue et la proportionnalité des investigations effectuées et le cadre procédural de cette enquête », a précisé le communiqué de la garde des Sceaux.

Plainte de Dupond-Moretti

Une mesure qui fait suite aux révélations du Point sur l’ampleur de ces écoutes, ayant suscité un vif émoi chez les avocats et dans le monde politique. Eric Dupond-Moretti, l’un des avocats concernés, a indiqué mardi qu’il avait déposé plainte pour « violation de l’intimité de la vie privée et du secret des correspondances » et « abus d’autorité ». Il devrait être suivi par le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, qui a fustigé une enquête « hors normes et inquiétante ».

« A aucun moment, les magistrats et les enquêteurs […] ne sont sortis des clous », a expliqué pour sa part l’actuel chef du PNF, Jean-François Bohnert. « Le PNF a fait exploiter ces fadettes [factures détaillées de téléphone] tout simplement parce qu’il était à la recherche d’une fuite qui s’était produite dans une autre procédure et l’objectif c’était […] en proportionnalité de travailler » pour « faire la lumière », a-t-il justifié.